Economie

L’incertitude favorise les augmentations de salaire à la carte

Carnet de bureau. Le Covid-19 devrait favoriser l’individualisation des rémunérations en 2021. « La crise sanitaire a suscité énormément de réflexion dans les entreprises sur l’évolution de leur stratégie et sur les groupes de collaborateurs nécessaires à la réussite future. Le Covid a mis un grand coup d’accélérateur à la définition de cette stratégie et au référencement des compétences-clés », affirme Bruno Rocquemont, directeur du département gestion des talents chez Mercer. Pour certains, le référencement des compétences de l’entreprise était déjà en chantier dans la perspective de la transformation numérique qui a également été accélérée par la généralisation du télétravail.

Le cabinet de conseil Mercer, qui publiera, fin septembre, son enquête annuelle menée d’avril à juillet auprès de 644 grandes entreprises sur les politiques de rémunérations 2020-2021, annoncera, sans surprise, une augmentation de la pratique de gel des salaires : 2 % des entreprises avaient l’intention d’y recourir pour 2020, elles ont finalement été 11,3 % et elles seront 13,2 % en 2021.

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Mais « les entreprises qui font du gel de salaire conserveront une réserve pour récompenser les compétences-clés et ne pas voir partir à la concurrence les salariés considérés comme des piliers pour aborder le monde d’après. Après 2009, les entreprises ont compris qu’il valait mieux ne pas geler totalement les salaires et être très sélectif dans le cadre d’une petite enveloppe budgétaire », analyse M. Rocquemont.

Incertitude et brouillard

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, « la très forte hausse de l’incertitude dans l’entreprise renforce la bascule vers plus d’intelligence artificielle et l’importance des profils high-tech devenus toujours plus prisés », illustre Laurent Acharian, directeur général monde de BCG Gamma, l’entité du Boston Consulting Group consacrée à l’intelligence artificielle.

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L’incertitude et le brouillard sur le Covid-19, comme sur les perspectives économiques, sont aussi importants aujourd’hui que la nécessité pour l’entreprise d’avoir une vision claire de ses priorités. A la veille d’aborder les négociations annuelles obligatoires, cet aveuglement plonge un certain nombre d’entreprises dans l’indécision et l’attentisme. « Alors que 382 entreprises se sont exprimées sur leur politique de rémunération en 2020, seule une centaine ont pu se prononcer sur leur budget d’augmentation pour 2021, tout simplement parce qu’elles ne savent pas encore ce qu’elles feront », confirme M. Rocquemont. Mais celles qui ont répondu sont plutôt volontaristes. « La sélectivité va augmenter, affirme-t-il, ainsi que la part extra-monétaire des rémunérations (qualité de vie au travail, flexibilité dans l’organisation, etc.) pour compenser la faiblesse des hausses de salaire ».

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