Economie

les compagnies pétrolières ne sont pas sur la trajectoire de l’accord de Paris

Les « majors » du pétrole sont-elles compatibles avec l’accord de Paris sur le climat ? Pour tenter de répondre à cette question, l’ONG Oil Change international (OCI) a passé en revue les engagements des principales compagnies. Le bilan est sans appel : « aucun des plans climat n’est compatible avec l’objectif de l’accord de Paris de maintenir le réchauffement climatique sous 1,5 °C », note le rapport publié mercredi 23 septembre. Une conclusion qui n’est pas vraiment surprenante, tant la prise de conscience climatique du secteur est tardive et peu partagée. Les entreprises européennes du secteur ont, dans leur discours, intégré les objectifs climatiques, alors que leurs concurrentes américaines ignorent totalement l’enjeu, soutenues par une administration Trump empreinte de climatoscepticisme.

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Pour tenir une trajectoire qui permette de limiter les effets du réchauffement climatique, les majors du secteur devraient cesser l’exploration de nouveaux gisements et prévoir le déclin progressif de la production dans les nouveaux champs existants, insiste le rapport. « Construire plus d’infrastructures, investir plus de capitaux, embaucher plus de travailleurs pour exploiter de nouvelles réserves d’énergies fossiles va créer une prison de carbone, rendant plus difficile, politiquement et économiquement, de limiter la production », note le rapport d’OCI. L’ONG a analysé les plans climat des compagnies pétrolières en s’appuyant sur dix critères et en croisant les engagements avec les données du cabinet spécialisé Rystad, qui fait référence dans le secteur. Parmi les points clés, la fin de nouveaux projets pétro-gaziers, la baisse de la production d’ici à 2030, la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de la chaîne de valeur, ou la mise en place d’une trajectoire réaliste et transparente. « Les compagnies pétro-gazières disent de plus en plus qu’elles font partie de la solution à la crise climatique, mais la réalité est bien différente », tance le rapport.

Les entreprises américaines font l’autruche

Dans le détail, le rapport d’Oil Change International note de véritables différences entre les stratégies des compagnies pétrolières. Seule la britannique BP s’est engagée à diminuer sa production d’ici à 2030, l’italienne ENI prévoit un plateau de sa production en 2025 (mais uniquement pour le pétrole). Toutes les autres prévoient de continuer à accroître leurs productions d’énergies fossiles, même si certains, comme Total, entendent miser désormais sur le gaz, moins émetteur que le pétrole. Les compagnies européennes commencent également à prendre en compte le « scope 3 », c’est-à-dire les émissions liées au carburant qu’elles vendent – et pas uniquement celles liées à leurs installations. BP, ENI et l’Espagnol Repsol, sont les plus avancés, alors que Total a fixé ce cadre uniquement sur ses émissions européennes. Les entreprises américaines n’abordent pas le sujet.

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