Economie

L’enseigne de fil à tricoter Phildar reprise par PP Yarns

L'usine Phildar de Roubaix (Nord), en novembre 1973.

La décision est tombée à 14 heures, mardi 22 septembre, au tribunal de commerce de Lille Métropole : PP Yarns a été choisi pour reprendre Phildar. Cette société créée dans le but de reprendre l’enseigne du groupe Mulliez va abandonner le prêt-à-porter afin de se recentrer sur l’offre de fils à tricoter, la laine et le savoir-faire de Phildar et Pingouin à travers une « web company ». Seuls 86 salariés sur 211 (dont 61 au siège), 8 succursales et 7 boutiques affiliées sont conservés dans cette nouvelle entité.

Etonnamment, sur les trois offres (PP Yarns, Kindy et Mondial Tissus), jugées solides, c’est celle maintenant le moins d’emplois qui a été choisie par le tribunal. Au total, 125 personnes verront leur poste supprimé. Toutefois, dans le cadre du PSE lancé par Phildar SAS, 163 postes vont leur être proposés en reclassement interne dans des entreprises détenues par l’AFM (l’Association familiale Mulliez), à savoir RougeGorge, Grain de malice et Pimkie.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le groupe Phildar placé en sauvegarde judiciaire

Placé en redressement judiciaire en juillet 2020, Phildar, à l’origine de l’empire Mulliez (Auchan, Boulanger, Leroy Merlin…), a vu sa situation se dégrader avec la crise du Covid-19. Après avoir eu jusqu’à 2 000 magasins, dont beaucoup en franchise, l’enseigne de fil à tricoter n’en compte plus que 115 (44 en propre, 61 en affiliation et 10 en franchise) pour un chiffre d’affaires de 35,6 millions d’euros. Les profits de la célèbre marque, née en 1943, avaient permis à Gérard Mulliez de lancer la chaîne d’hypermarchés Auchan.

« Une stratégie pour l’avenir »

Même si, ces trois dernières années, les actionnaires de l’AFM ont remis près de 7,5 millions d’euros pour maintenir à flot l’entreprise qui compte encore 211 salariés (dont 131 dans les 115 magasins), aucune stratégie n’avait été adoptée pour sauver la société. Du moins, pas assez rapidement.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Ça va être la lessiveuse » : la difficile reconversion des salariés de l’habillement

L’arrivée d’un nouveau directeur, en décembre 2019, devait permettre d’instaurer un plan de redressement pour remettre l’enseigne sur les rails. A défaut d’avoir pu l’appliquer, Eric Vandendriessche s’est entouré de 24 autres actionnaires individuels, dont 20 membres de la galaxie Mulliez, pour fonder la société PP Yarns (PP comme Phildar Pingouin, et Yarns, comme « fils textiles » en anglais), mettre sur la table 12 millions d’euros et reprendre Phildar.

A la mi-septembre, une pétition a circulé, signée par 60 salariés de 25 magasins affiliés, pour appuyer l’offre de Kindy

Les salariés, à travers le Comité social et économique (CSE), avaient émis un avis favorable à l’unanimité pour l’offre de PP Yarns, même si elle n’était pas celle qui conservait le plus d’emplois. « On a choisi nos dirigeants actuels, car Eric Vandendriessche est fédérateur et il a une stratégie pour l‘avenir, expliquaient Bernard Fovez, délégué CFDT Phildar et Dominique Vanwildermeersch, secrétaire du CSE, le jour de l’audience, le 8 septembre. D’ailleurs, on n’en veut pas à l’AFM ». Eric Vandendriessche a participé à la création de Camaïeu, avant de rejoindre le groupe Okaïdi, puis la direction générale de Pimkie, dont il a démissionné en 2011, pour revenir chez Okaïdi.

Il vous reste 44.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page