Economie

A New York, le Covid-19 fait ressurgir le spectre de la faillite

Devant un restaurant « saisi » pour « non-paiement des impôts », dans le quartier de Brooklyn, à New York, le 21 août.

Les collégiens et les lycéens de la petite ville d’Albany, capitale de l’Etat de New York, n’ont pas repris le chemin de l’école et suivront finalement leurs cours sur Internet. Est-ce à cause des risques sanitaires liés à l’épidémie de Covid-19 ? Pas du tout, mais plutôt en raison des conséquences financières du SARS-CoV-2. Le comté d’Albany a voté, mardi 8 septembre, le licenciement de 222 professeurs et employés des écoles, forçant celles-ci à renoncer aux cours sur place.

En cause, la décision du gouverneur démocrate, Andrew Cuomo, de couper à hauteur de 20 % les subventions de l’Etat de New York (19,5 millions d’habitants) aux établissements scolaires. Ainsi se dessine la troisième crise liée au Covid-19 : après l’épidémie, pour l’instant maîtrisée, et la mise en pause de l’économie, voici venir la faillite de l’Etat de New York et de la ville : 14,5 milliards de dollars (12,3 milliards d’euros) de pertes sur deux ans pour l’Etat (pour un budget annuel de 177 milliards de dollars) et 9 milliards de dollars pour Big Apple (sur un budget annuel de 89 milliards de dollars).

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« La ville de New York est confrontée à la pire crise budgétaire depuis les années 1970 », titrait, fin août, le Wall Street Journal. C’était l’époque du film Taxi Driver (1976), de Martin Scorsese, dans une ville abandonnée, livrée à la drogue, en pleine désindustrialisation.

Endettée pour financer ses dépenses courantes, New York City (NYC) avait fait faillite et avait été placée sous tutelle budgétaire à partir de 1975, pendant une dizaine d’années, avant de renaître au milieu des années 1980, grâce à l’essor de la finance et de l’immobilier pendant la présidence Reagan.

L’économie parapublique s’effondre

Aujourd’hui, le maire démocrate de la ville (8,5 millions d’habitants), Bill de Blasio, voudrait obtenir l’autorisation de s’endetter à hauteur de 5 milliards de dollars. Il avait pour cela besoin de l’autorisation de ses camarades démocrates à Albany : la réponse a été non.

« Je ne veux pas d’une faillite de facto, où l’Etat de New York devra venir et renflouer la dette. Je me concentre sur le remboursement, comme la plupart des contribuables », a déclaré Andrew Cuomo, qui ne s’entend pas avec M. de Blasio.

Le premier veut un renflouement fédéral, mais, à Washington, le Sénat, à majorité républicaine, refuse d’aider les Etats les plus touchés, qui étaient, en tout cas au début, ceux dirigés par des démocrates, près des côtes, tels New York, le New Jersey et la Californie.

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