Economie

L’électorat d’Emmanuel Macron devient moins libéral sur le plan économique

Dans son discours du 14-Juillet, Emmanuel Macron a revendiqué « croire au dépassement politique ». Selon le chef de l’Etat, cela signifie qu’en période de crise sanitaire, « les Françaises et les Français ne posent pas la question de savoir si le soin est de gauche ou de droite. Quand la relance arrive, ils demandent qu’elle soit efficace et juste, ils ne demandent pas qu’elle soit de gauche ou de droite. » Par ces mots, le président de la République rappelle que le clivage gauche-droite n’est pas au cœur de sa doctrine d’action publique. Que sa politique, en particulier celle face à l’urgence, ne serait pas dictée par des considérations idéologiques.

Les prétentions présidentielles sont-elles partagées par son électorat ? L’enquête « Fractures françaises » 2020 donne quelques indications. Libéraux sur le plan économique et culturel, les soutiens d’Emmanuel Macron en 2017 formaient le cœur d’une société ouverte, par opposition aux formations politiques prônant le protectionnisme économique, le chauvinisme redistributif ou encore la priorité nationale. A défaut de savoir précisément si ces soutiens appartiennent au centre, à la deuxième gauche ou à une droite libérale orpheline de leaders – ou aux trois à la fois –, le macronisme se voulait avant tout un syncrétisme de doctrines disparates.

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Trois ans plus tard, et six mois après une crise d’une ampleur inédite, l’électorat du chef de l’Etat maintient un positionnement culturel libéral, mais il semble renoncer à certains principes inhérents au libéralisme économique pour rallier à l’Etat social.

De l’ensemble des personnes interrogées, ce sont les partisans de La République en marche (LRM) qui ont le plus évolué sur la question de la mondialisation. Ils ne sont plus désormais que 67 % à la considérer comme une opportunité pour la France, contre 81 % en 2018. Pis encore, ils ne sont plus que 53 % (contre 73 % en 2019) à penser que la France doit davantage s’ouvrir au monde. Sur ce terrain de l’ouverture, leurs opinions convergent avec celles des sympathisants d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et du Parti socialiste (PS).

Inflexions à l’œuvre

Autre surprise, alors que le rôle de l’Etat comme acteur de production de richesse n’était jusqu’alors pas central dans la doctrine des « marcheurs », ils sont désormais 68 % à souhaiter renforcer son rôle dans certains secteurs de l’économie jugés porteurs ou stratégiques. Soit un bond de 27 points par rapport à 2018. Enfin, ils sont 49 % à privilégier le protectionnisme pour favoriser l’activité des entreprises (+ 29 points en un an).

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