Economie

« Ce prétendu conflit intergénérationnel ressemble en tout point à une pure construction intellectuelle »

Tribune. Panique à bord, la dette publique explose. En réponse à la crise sanitaire, nous dépensons des dizaines de milliards d’euros pour protéger les personnes âgées. Faut-il dégrader davantage nos finances publiques pour les baby-boomeurs, cette génération qui a connu la paix, la croissance et l’emploi ? La question a été posée.

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Pour certains, les vieux ne méritent pas tant de considération. Ne sont-ils pas responsables du niveau de dette publique actuel ? C’est oublier que plus de la moitié de cette dette a moins de quinze ans, et qu’elle a surtout eu pour rôle de préserver l’activité économique pour permettre aux actifs de notre génération de travailler. Si vous cherchez les responsables de notre niveau d’endettement, ne cherchez pas plus loin : la génération coupable, c’est la nôtre.

Mais tout de même ! Les baby-boomeurs ont connu la période dorée des « trente glorieuses », quand la nouvelle génération n’entend parler que de chômage, de dette et de réchauffement climatique. Peut-être, mais s’arrêter là serait un peu court. A cette époque, comme nous l’apprend l’Insee, l’espérance de vie était de dix-huit ans plus faible, les Français travaillaient 700 heures de plus par an, ils étaient moins riches, et ils ne pouvaient même pas imaginer les possibilités qui s’offrent désormais au plus grand nombre : Internet, les nouvelles technologies, la possibilité de voyager à l’autre bout du monde pour un mois de smic.

Ne pas créer de manière artificielle des classes d’âge

Du jeune adulte des années 1970 au jeune adulte d’aujourd’hui, qui peut dire qui fut le plus gâté ? Quelle génération a le plus profité, le plus contribué à nous mettre dans le trou dans lequel nous sommes ? Et puis, pourquoi s’arrêter à une génération ? Pourquoi ne pas porter l’anathème sur une classe sociale, sur un sexe, une race ou une religion ? Il est difficile de comprendre d’où nous vient cette étrange passion pour la moralisation de l’histoire et de l’économie. Il est difficile de comprendre pourquoi certains s’échinent à chercher des victimes et des coupables partout où ils posent les yeux.

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Quoi qu’il en soit, ce prétendu conflit intergénérationnel ressemble en tout point à une pure construction intellectuelle. Les personnes âgées ne nous sont pas étrangères, elles ne sont pas nos ennemies : ce sont nos parents et nos grands-parents. Les générations, passées comme futures, font partie de notre famille, au sens le plus littéral. Nous ne devrions pas nous lamenter sur le sort des vivants comme le cavalier Hermann de Victor Hugo.

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