Economie

Face à la concurrence, CNews fait le pari d’une parole décomplexée

L’essayiste Eric Zemmour et le philosophe Raphaël Enthoven sur le plateau de CNews.

Lundi 31 août. Sur CNews, après deux mois d’absence, Eric Zemmour fait sa deuxième rentrée sur le plateau de Christine Kelly, dans « Face à l’info ». Après deux mois de repos, le polémiste de droite est particulièrement en forme. En quelques phrases, il multiplie les philippiques provocatrices sur ses thèmes de prédilection : l’islam et les immigrés.

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« On sait bien qui ensauvage, agresse, roule sur le gendarme, tue le chauffeur de bus de Bayonne [Philippe Monguillot, mort le 10 juillet]. Ce sont à 99,9 % des enfants de l’immigration maghrébine et africaine. On sait que les victimes s’appellent Mélanie, et les assassins Youssef », s’enflamme-t-il, sans émouvoir Christine Kelly. « Cet été, on n’a jamais eu autant de faits divers. Pourquoi ? Parce que la plupart des jeunes ne sont pas allés au bled. On a eu le premier été du vivre-ensemble », ironise l’essayiste. « N’est-ce pas un raccourci ? », lui rétorque mollement l’animatrice.

En juin, Eric Zemmour, recruté personnellement par Vincent Bolloré en 2019, a renégocié avec la chaîne info de Vivendi le prolongement de son contrat de deux ans. La première année a été plus que concluante. Grâce à « Face à l’info », l’ex-iTélé, dont la ligne a été remaniée en 2017, a dépassé LCI en juin, se hissant à la deuxième place des chaînes d’information. La rentrée commence fort : entre le 31 août et le 6 septembre, la chaîne affiche une part d’audience de 1,3 % (+ 0,6 point en un an), encore loin de BFM (2,3 %, soit + 0,3 point), mais largement devant LCI, qui, elle, a réuni 0,9 % du public, comme en 2019.

Le cocktail gagnant de la chaîne de Vincent Bolloré : une gestion au cordeau des dépenses et des débats « d’opinion », où fusent les phrases-chocs. Délinquance, immigration, islam, et faits divers prennent une place considérable chez Eric Zemmour, Pascal Praud, Laurence Ferrari, Jean-Marc Morandini ou encore Sonia Mabrouk.

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Depuis la rentrée, la chaîne exploite ad nauseam la polémique autour de l’insécurité, et « l’ensauvagement », terme qui a divisé le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, et le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Le plan de relance de 100 milliards d’euros annoncé jeudi 3 septembre par le premier ministre, Jean Castex, a été évoqué de manière marginale.

« Nous avons face à nous une Fox News à la française »

« Nous sommes proches des attentes des téléspectateurs, en abordant les thèmes de la machine à café, sauf que nous ne le faisons pas en secret », assume Gérald-Brice Viret, le directeur général des antennes de Canal+.

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