Economie

Attaqué par Tiffany après l’abandon du rachat, LVMH va saisir à son tour la justice américaine

LVMH précise que son conseil d’administration « a constaté que les résultats [de Tiffany & Co.] du premier semestre et ses perspectives pour l’année 2020 sont mauvais, et significativement inférieurs à ceux des marques comparables du groupe LVMH pendant la période ».

Au lendemain de la suspension de leur opération de rapprochement record à 16,2 milliards de dollars, soit près de 14,7 milliards d’euros, le groupe LVMH a annoncé, jeudi 10 septembre, dans un communiqué, qu’il allait saisir la justice américaine contre le joaillier Tiffany & Co.

Le groupe de Bernard Arnault, leader mondial de l’industrie du luxe, fait part de son « étonnement » concernant l’action en justice de Tiffany & Co., qu’il juge dans un communiqué « totalement infondée. Elle est manifestement préparée de longue date par Tiffany et a été communiquée d’une manière trompeuse pour les actionnaires et diffamatoire ».

« La longue préparation de cette assignation montre la mauvaise foi de Tiffany dans ses relations avec LVMH. L’essentiel de cette action repose sur les reproches faits par Tiffany à LVMH de ne pas avoir agi avec diligence pour l’obtention des autorisations administratives relatives aux règles antitrust à travers le monde. Cette accusation n’a aucune substance et LVMH le démontrera devant le tribunal civil du Delaware », tient-il à souligner.

Le géant français du luxe affirme que « la notification à Bruxelles interviendra, comme prévu, dans les prochains jours et cette date résulte simplement du planning fixé avec la Commission européenne elle-même, ce que Tiffany sait parfaitement. Et il est légitime de penser que son autorisation sera obtenue courant octobre ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi LVMH renonce au rachat de Tiffany

La gestion de Tiffany mise en cause

Par ailleurs, le groupe précise que son conseil d’administration « a constaté que les résultats [de Tiffany  & Co.] du premier semestre et ses perspectives pour l’année 2020 sont mauvais, et significativement inférieurs à ceux des marques comparables du groupe LVMH pendant la période ».

Le groupe de Bernard Arnault fait savoir qu’il sera « donc amené à mettre en cause la gestion de la crise par le management de Tiffany et son conseil d’administration ».

« LVMH estime, entre autres, que cette période est affectée par une situation de force majeure, que Tiffany n’a pas suivi un cadre normal de gestion, notamment en distribuant des dividendes substantiels alors que la société était en perte et que les opérations et l’organisation de cette société n’ont pas été préservées ». En conclusion, LVMH « confirme donc que les conditions nécessaires à la réalisation de l’acquisition de Tiffany ne sont pas réunies ».

Lire aussi Taxe GAFA : les Etats-Unis sanctionnent la France… avec sursis

Mercredi, LVMH avait estimé qu’il n’était « plus en mesure » de racheter « en l’état » le joaillier, mettant en avant « une succession d’événements de nature à fragiliser l’opération d’acquisition de la société Tiffany ».

LVMH faisait notamment état d’une lettre du ministre de l’Europe et des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, qui, en réaction à la menace de taxes sur les produits français formulée par les Etats-Unis, demandait au groupe de différer l’acquisition de Tiffany & Co. au-delà du 6 janvier 2021.

De son côté, Tiffany & Co. avait annoncé mercredi qu’il attaquait en justice aux Etats-Unis le numéro un mondial du luxe, l’accusant entre autres d’avoir fait traîner des démarches réglementaires.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment Bernard Arnault, PDG de LVMH, a mis la main sur le joaillier américain Tiffany

Le Monde avec AFP


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page