Economie

« Une rupture qui n’épargnera quasiment personne »

Carnet de bureau. En 2021, le niveau des salaires bénéficiera-t-il du plan de relance ? Rien ne permet de le dire aujourd’hui. Pourtant, il en aurait eu bien besoin. L’étude annuelle du cabinet de conseils Deloitte annonce une rupture qui n’épargnera quasiment personne. C’est la première fois depuis plusieurs années que la hausse du budget prévu par les entreprises pour augmenter les salaires est inférieure à 2 %. Les non-cadres (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise) devraient au mieux profiter d’une hausse de 1,5 %, et les cadres de 1,7 %, contre 2,1 % pour les deux catégories en 2020.

Les 300 entreprises qui se sont exprimées sur leurs prévisions budgétaires représentent plus d’un million de salariés. « Elles ont été interrogées au cours du premier trimestre 2020. La réalité de 2021 ne pourra être que moins-disante », analyse Franck Chéron, associé capital humain chez Deloitte.

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En effet, selon trois scénarios construits par le cabinet de conseils sur la base des prévisions macroéconomiques de l’Insee et de la Banque de France (inflation, croissance du PIB, taux de chômage), les hausses devraient plutôt s’inscrire entre 0,3 et 1 % pour les non-cadres, et entre 0,5 et 1,1 % pour les cadres. Pas de quoi soutenir la consommation et accompagner la relance. Le contexte a profondément changé depuis le début de l’année : « Tandis que les entreprises envisageaient alors un retour à la normale dans un délai de six mois, on ne l’attend pas avant 2023 », indique-t-il.

Les non-cadres devraient au mieux profiter d’une hausse de 1,5 %, et les cadres de 1,7 %, contre 2,1 % pour les deux catégories en 2020

Pour entrer plus en avant dans les détails : la part variable devrait subir une perte significative ne serait-ce qu’à cause de la non-tenue des objectifs et la baisse des performances des entreprises. « Avec une participation et un intéressement très faibles, 2021 devrait être une des plus mauvaises années sur l’épargne salariale », note M. Chéron. Les bonus des cadres devraient être sacrifiés, tout comme l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. « En l’état actuel des choses, rien n’est prévu pour en réduire l’écart », affirme-t-il.

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Mais ce paysage recèle une grande diversité de situations. Les secteurs ont été inégalement impactés par la crise du Covid-19. Dans la fourchette haute des projections Deloitte pour les hausses de salaires 2021, s’inscrivent l’énergie, la grande consommation, l’industrie de la santé et la bancassurance, tandis que le BTP, les transports, les médias et les télécommunications joueront plutôt dans le scénario moins-disant.

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