Economie

un peu plus de lectrices

Un frémissement. Les conclusions de la première étude sur le lectorat de la bande dessinée commandée par le Centre national du livre (CNL) à Ipsos, en janvier, avant la pandémie de Covid-19 et rendues publiques mardi 8 septembre, tordent le cou à bien des idées reçues. Si ce genre littéraire qui inclut les albums, les mangas, les comics, les magazines et les romans graphiques est lu surtout par un public masculin et jeune – avec un pic entre 9 et 13 ans –, Vincent Monadé, président du CNL, se réjouit d’une « féminisation du lectorat ».

Autant de filles que de garçons lisent des albums entre 10 et 12 ans, elles apprécient aussi les mangas tandis que les romans graphiques sont majoritairement lus par des femmes. « Ce qui s’explique aussi par les succès des autrices, comme Catherine Meurisse, Pénélope Bagieu, Lisa Mandel… qui toutes ont été d’anciennes lectrices de bande dessinée », note-t-il. Il s’agit davantage d’un très léger rééquilibrage, loin d’une parité : les hommes en lisent toujours beaucoup plus que les femmes.

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Autre enseignement de cette étude menée auprès de mille jeunes (7-15 ans) et autant d’adultes (16-75 ans), « le mythe d’une lecture plus facile de la BD et donc réservée à un public CSP (les catégories sociales moins aisées) ne tient pas », affirme M. Monadé. Comme pour les autres genres littéraires, toutes les sortes de BD restent lues par les CSP +, sauf les mangas, dont le lectorat est plus divers.

« Pas la potion magique »

« Ce n’est pas la potion magique pour que les jeunes deviennent un jour lecteurs », ajoute le président du CNL. Même s’ils dévorent en moyenne 12 bandes dessinées par an, l’étude note un décrochage très net de la lecture à partir de 13-14 ans.

Que lisent les Français ? Majoritairement des albums. Et les aventures d’Astérix arrivent largement en tête de leur palmarès. Les enfants ajoutent les Sisters et Tintin à ce classement, là où les adultes préfèrent Tintin et le manga One Piece.

Plébiscité par les préadolescents et adolescents, le manga continue de plaire aux adultes. « Si l’album franco-belge règne encore, la poussée du manga semble inexorable », constate Vincent Monadé.

Sans surprise, l’étude confirme que la famille reste la première prescriptrice de bande dessinée chez les moins de 16 ans ou encore que les lecteurs petits et grands cherchent avant tout dans cette lecture « plaisir » et « détente ». Les enquêteurs d’Ipsos assurent même qu’un cinquième des adultes (21 %) les lisent tranquillement aux toilettes.

Enfin, c’est réjouissant, ces amateurs ouvrent aussi d’autres livres et lisent davantage que la moyenne de la population française. Promis juré, ils assurent tous que s’ils avaient plus de temps, ils liraient davantage…


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