Economie

L’Organisation mondiale du commerce en quête d’un nouveau patron

Le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo, à Genève (Suisse), le 22 juillet.

En pleine crise existentielle, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se cherche un dirigeant et un avenir. Les consultations ont démarré officiellement, lundi 7 septembre, pour choisir un successeur au Brésilien Roberto Azevêdo, qui a quitté, le 1er septembre, son poste de directeur général, afin de rejoindre le géant américain des boissons PepsiCo.

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Même si M. Azevêdo a officiellement démissionné pour des « raisons familiales », sa tâche devenait de plus en plus compliquée à la tête d’une organisation affaiblie par les tensions commerciales et l’essoufflement de la coopération multilatérale. Huit candidats se sont déclarés : trois Africains, deux Européens, deux Asiatiques et un Latino-Américain. Le processus de nomination, fondé sur le principe du consensus, pourrait durer des semaines, voire plusieurs mois, tant les divergences sont nombreuses. Les 164 pays membres ne sont même pas parvenus à s’entendre sur un nom pour assurer la gouvernance par intérim, qui sera finalement partagée entre les quatre directeurs adjoints de l’OMC.

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Le prochain dirigeant de l’institution, sise à Genève, devra faire preuve de persévérance et de conciliation. « Roberto Azevêdo était un sprinter ; le prochain directeur devra être un marathonien », estime un haut responsable de l’OMC. Sa priorité consistera à bâtir un nouveau consensus dans un monde qui a changé. Lors de la création de l’organisation, en 1995, le commerce électronique n’existait pas, les services comptaient peu dans les échanges commerciaux et la Chine n’était pas encore la deuxième puissance économique mondiale.

« Le consensus mondial n’a jamais été aussi affaibli »

Les Etats-Unis reprochent aujourd’hui au tribunal d’appel de l’Organe de règlement des différends de s’être transformé en cour supranationale échappant à son contrôle, et bloquent son fonctionnement depuis décembre 2019. Des critiques considérées comme légitimes par les deux candidates favorites, la Kényane Amina Mohamed et la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, dans des entretiens accordés au quotidien Financial Times.

En 2018, le président des Etats-Unis, Donald Trump, avait menacé de quitter l’organisation si elle n’était pas réformée

Washington dénonce en outre le statut de « pays en développement » dont bénéficie la Chine, et qui lui ouvre droit à des privilèges, comme un allongement des délais pour appliquer les nouveaux accords. Dans une tribune publiée le 20 août par le Wall Street Journal, le secrétaire d’Etat américain au commerce, Robert Lighthizer, s’en prend également à l’Union européenne qu’il accuse d’avoir dérogé au principe de non-discrimination en matière commerciale, en multipliant les accords de libre-échange. Il dénonce aussi son « protectionnisme déguisé » qui impose le respect des règles des « appellations d’origine contrôlée » chez ses partenaires commerciaux, ce qui pénaliserait les entreprises américaines d’agroalimentaire.

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