Economie

l’Etat accepte de couvrir l’essentiel des pertes des transports en commun d’Ile-de-France

Le rendez-vous était prévu à Matignon, avec une photo sur le perron marquant la fin de deux mois de bras de fer. Jean Castex ayant été placé à l’isolement en attendant le résultat d’un test de dépistage du Covid, c’est finalement en visioconférence que le premier ministre et la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, devraient sceller, mardi 8 septembre à 18 heures, leur accord sur les transports en commun en Ile-de-France. Ce compromis décisif doit permettre à la région de surmonter l’hémorragie financière provoquée par le quasi-arrêt des transports durant le confinement.

Après de très longues discussions, l’Etat a en effet accepté, comme le lui demandait la présidente de la région, de couvrir l’essentiel des pertes subies par les transports en commun d’Ile-de-France à la suite de l’épidémie. Pour autant, l’accord trouvé ces derniers jours n’impose par à l’Etat de débourser immédiatement les 2,6 milliards d’euros en jeu. Les versements seront moindres, et étalés dans le temps.

2,6 milliards de manque à gagner

Avec la crise épidémique, les bus, tramways, métros et RER de la région parisienne ont soudain été désertés par les Franciliens, cloîtrés chez eux, et les touristes, absents. Pour Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité qui organise et finance les transports à Paris et dans sa banlieue, ce coup d’arrêt a eu d’énormes répercussions financières. La région évalue le manque à gagner à 2,6 milliards d’euros, répartis en deux grandes masses. D’une part, une perte de recettes directes provenant des voyageurs estimée à 1,6 milliard d’euros. D’autre part, une baisse de 1 milliard du « versement mobilité », cette taxe assise sur la masse salariale des entreprises et destinée à financer les transports régionaux.

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Qui doit combler ce « trou » de 2,6 milliards ? C’était tout l’enjeu des difficiles tractations menées depuis la fin du confinement. Pour Valérie Pécresse, pas question de faire payer les voyageurs, en relevant le prix du ticket de métro ou de RER. A ses yeux, augmenter de 20 euros par mois le pass Navigo pour couvrir les pertes serait revenu à créer un « impôt Covid » inacceptable.

Mme Pécresse s’est donc retournée vers l’Etat, en lui demandant « la compensation intégrale des pertes de recettes subies par les transports publics à cause du Covid, du confinement, de la distanciation physique, de la crise économique ».

Le gouvernement a d’abord rechigné, et contesté l’évaluation. La présidente (ex-Les Républicains) de la région a alors fait monter la pression, en suspendant durant l’été les versements effectués par IDFM à la RATP et la SNCF pour faire circuler trains, métros, trams et bus. Faute d’aide de l’Etat, elle présentait IDFM comme en cessation de paiements. Toute la filière risquait de vaciller.

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