Economie

L’arrière-saison incertaine du tourisme français

Dans une rue de Chamonix, dans les Alpes, en juillet.

Au pied du Puy-Mary, mamelon volcanique du Cantal où il débite viande de salers maturée et pachades aux myrtilles, Jean-Michel Benet jouit d’une vue dégagée. Il peut donc certifier que cet été, il fit grand beau, mais que cette rentrée est une vraie purée de pois.

Son restaurant de moyenne montagne, loin des sites les plus visités de France et de la première sous-préfecture, n’a pas désempli depuis la fin juin. Aurait-on posé la Tour Eiffel au sommet du Puy-Mary, à 30 minutes de marche, qu’il n’y aurait pas eu plus de monde. Le parking de 350 places n’a pas suffi dès la mi-juillet, et il fallait aussi nourrir des cyclistes valeureux mais affamés, fussent-ils propulsés à l’électrique.

« On a eu le nez dans le guidon tout l’été : on a quasiment pu rattraper l’inactivité de mai et juin », se satisfait le restaurateur. Le festin aurait dû se poursuivre après l’été, avec la première arrivée de l’histoire du Tour de France et, surtout, avec le Sommet de l’élevage, début octobre à Clermont-Ferrand. Pour M. Benet, c’est un pic d’activité : 650 couverts durant trois jours, cinquante employés mobilisés.

Une désillusion

Mais le restaurateur ne descendra pas à Clermont : la grande foire auvergnate a été annulée le 28 août, faute d’avoir obtenu une dérogation à la jauge maximale de 5 000 visiteurs. Une désillusion pour les hôteliers et restaurateurs, pour qui cet évènement et ses 100 000 visiteurs représentaient le gros de la recette automnale. Quant au Tour de France, il ne représentera pas la manne espérée : la route d’accès au site sera fermée aux camping-cars et il faudra se hisser au Puy-Mary à la force des jarrets.

A l’image de M. Benet, les acteurs du tourisme dépeignent un été au jardin d’Eden et, pour la rentrée, une toile déchirée au scalpel. Loin du discours de juin, lorsqu’ils craignaient l’été perdu et ne vivaient que pour la rentrée de septembre, les frontières rouvertes et la reprise des déplacements professionnels.

94 % des partants de l’été sont restés dans nos frontières

Dans un contexte dicté par l’évolution de la crise sanitaire, la majeure partie du pays a pu compter sur la présence d’une clientèle française, attirée dehors par une météo au beau fixe et l’accalmie de l’épidémie. Selon une enquête réalisée par les comités régionaux du tourisme (CRT) auprès de 1 000 Français, 53 % d’entre eux sont partis en juillet et en août, contre 71 % l’an passé. Mais 94 % des partants sont restés dans nos frontières, permettant de compenser ce faible taux de départ, avec une fréquentation inhabituellement haute à la campagne et en moyenne montagne.

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