Economie

« La crise sanitaire bouleverse nos façons de consommer », estime le président du groupe Monoprix

Jean-Paul Mochet, PDG du groupe Monoprix dans son bureau, le 4 septembre 2020.

Malgré la violence de la crise économique et le rebond de la pandémie, le président du groupe Monoprix et de Franprix (groupe Casino), Jean-Paul Mochet se veut confiant. Le plan de relance du gouvernement Castex est certes un choc d’offre et non pas de demande mais, selon lui, « le gouvernement a pris la situation dans le bon sens. Assurer la solidité du tissu économique doit permettre de créer un retour de la confiance qui est essentiel pour relancer la consommation et ainsi inciter les Français à dépenser l’argent qu’ils ont épargné durant le confinement ». Selon la Banque de France, les Français ont épargné près de 86 milliards d’euros depuis le début de la crise.

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Malgré les craintes du secteur de la distribution alimentaire, M. Mochet, propulsé en juillet 2019 aux commandes du groupe Monoprix (enseignes Monoprix, Monop’, Naturalia et le site Sarenza.fr) ne constate « pas de baisse des dépenses de consommation ». Peut-être en raison de la typologie de sa clientèle : essentiellement urbaine, majoritairement féminine, et de classe moyenne ou supérieure.

« Accélération des tendances »

« Le chiffre d’affaires de nos enseignes a légèrement augmenté, même si les magasins urbains ayant des flux touristiques font moins bien, et ceux situés dans les zones résidentielles fonctionnent mieux », précise celui qui est à la tête des 800 magasins du groupe tout en supervisant l’enseigne Franprix qu’il dirigeait déjà (900 points de vente).

Certes, la problématique de pouvoir d’achat, mise en avant avec le mouvement des « gilets jaunes » n’a jamais cessé. Mais le groupe Monoprix se refuse d’entrer dans la guerre des prix. « Personne n’y a intérêt. Il y a toujours quelqu’un qui paie : le producteur, ou le consommateur avec un produit pas cher mais peut-être moins bon pour sa santé, ou les générations futures avec une agriculture déraisonnée ».

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Des derniers mois, M. Mochet retient surtout que la pandémie a considérablement « accéléré des tendances qui commençaient à émerger dans la société de consommation pour bouleverser nos façons de consommer ». Que ce soit « dans le rapport à l’hygiène, qui se rapproche de ce que l’on voyait dans la société asiatique » ou dans l’« e-commerce, notamment alimentaire, qui s’est fortement accéléré ». Depuis le début de l’année, le groupe a ainsi triplé la part de ses ventes sur Internet, passée de 3 % à 10 %. Autre mouvement de fonds accéléré par la crise du Covid-19 « l’importance de consommer français ou local ».

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