Economie

Avec « Mulan », « non seulement Disney s’affranchit de la sortie en salle, mais il fait payer le prix fort à ses fans »

Dans un centre commercial de Bangkok (Thailande), le 8 septembre 2020.

La téméraire Mulan va-t-elle sauver Hollywood et réconcilier l’Amérique avec la Chine ? Partie combattre les barbares du nord à la place de son père, la jeune fille, dont la légende est connue de tous les petits Chinois, est aussi l’héroïne d’un célèbre dessin animé de Disney de 1998. Une nouvelle version avec des acteurs réels devait sortir le 27 mars 2020. Terrassée par le coronavirus, la guerrière s’est infligé une quarantaine de six mois et a réapparu vendredi 4 septembre. Mais sur le petit écran de la télévision uniquement.

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Ce film-phare de l’année pour Disney, dont la production a coûté près de 200 millions de dollars, est sorti en effet uniquement sur le site de visionnage en ligne (streaming) Disney+. Un pari d’autant plus audacieux que la société a décidé de faire payer le film 30 dollars, en surcroît de l’abonnement au site de sept dollars par mois. Il est aussi en vente sur les plates-formes Apple, Google, Roku et Amazon.

Une stratégie originale

Non seulement le créateur de Mickey s’affranchit de la sortie en salle, mais il fait payer le prix fort à ses fans. Même si, en contrepartie, il promet l’accès libre sur le site dès le mois de décembre, date de la sortie en France. Le film finira par sortir également en salle, notamment en Chine, le 11 septembre, et dans les autres pays où Disney+ n’est pas accessible. Cette stratégie originale bouscule l’ordonnancement bien réglé qui voulait qu’un film fasse des premières armes sur le grand écran avant de connaître plus tard une nouvelle carrière en vidéo et à la télévision. En France, cette traditionnelle « chronologie des médias » fait même l’objet d’une loi. Tout cela vole en éclats et la crise sanitaire a accéléré le basculement.

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Hollywood se cherche un avenir dans ce nouveau monde, et sur la colline californienne tout le monde guette les résultats de l’expérience Mulan. Selon Bloomberg, sur le dernier week-end du 5 et 6 septembre, le nombre de téléchargements de l’application Disney+ a explosé de près de 70 % et les dépenses sur le site ont été multipliées par trois. Mais la firme ne communique aucun détail.

Chez le voisin Warner, on regarde aussi attentivement l’expérience. Le studio a, lui, décidé de sortir cette même semaine son film-phare de l’année, Tenet, de Christopher Nolan, par les voies classiques de la salle. Les résultats du week-end aux Etats-Unis sont mitigés, avec 20 millions de dollars de recettes. Derrière, c’est toute une année de production qui attend son tour. Sur le petit et sur le grand écran, l’embouteillage est assuré et les modèles économiques sont à réinventer. Une fois de plus.

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