Economie

« SoftBank, la grosse baleine qui a fait s’envoler puis se dégonfler le Nasdaq »

Le fondateur et PDG de SoftBank, Masayoshi Son, lors d’une conférence de presse, le 6 novembre 2019, à Tokyo.

Chronique. Robinhood (Robin des Bois), l’application préférée des jeunes tradeurs en chambre, n’était donc pas seule à agiter les marchés. Très loin de cette forêt de Sherwood virtuelle peuplée de petits investisseurs individuels, dans l’océan de la finance mondiale, une grosse baleine a grandement contribué à la semaine folle qui a fait s’envoler puis se dégonfler le marché américain des valeurs technologiques, le Nasdaq. Vendredi 4 septembre au soir, le Financial Times a révélé qu’il s’agissait de SoftBank.

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Le groupe japonais, plus connu pour ses paris de long terme sur des stars de la technologie mondiale, s’est transformé en l’espace d’un été en spéculateur effréné. Discrètement, en août, il a investi des milliards de dollars dans de grosses sociétés cotées. Tel un hedge fund traditionnel, il a acheté des options futures sur des géants de la Bourse comme Amazon, Netflix ou Tesla. Ce sont des promesses d’achat d’actions à un prix et à une date déterminés à l’avance. Si le cours a monté plus que le prix prévu, on empoche la plus-value. Avantage avec 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros), la somme qu’aurait investie SoftBank, on peut acheter pour 50 milliards de dollars de titres. De quoi créer de sérieux remous sur les marchés.

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Une stratégie très risquée

Une fois de plus, Masayoshi Son, l’émigré coréen qui a fait fortune au Japon, surprend son monde. Ruiné par l’éclatement de la bulle Internet des années 2000, il s’était refait grâce à ses investissements audacieux notamment dans Alibaba à ses tout débuts. Puis il a mis le cap sur les Etats-Unis, engageant ses fonds dans les télécommunications et le Web. Peu intéressé par la Bourse, il a créé en 2016 le plus grand fonds d’investissement dans le high-tech au monde, doté de 100 milliards de dollars, grâce, notamment, à de l’argent saoudien.

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Mais deux de ses poulains les plus prometteurs, Uber et le roi de la location de bureaux, WeWork, n’ont pas tenu leurs promesses. Il aurait perdu la bagatelle de 17 milliards de dollars sur ces deux investissements. En catastrophe, la firme a mis en vente ses actifs les plus prestigieux, comme ses parts dans Alibaba, dans l’opérateur américain T-Mobile et ses activités de télécommunication au Japon. La crise sanitaire, en propulsant les bénéfices de géants américains comme Amazon, Netflix ou encore Zoom, lui a offert l’opportunité de se refaire. Une stratégie très risquée.

A l’heure des tradeurs robots et des taux d’intérêt au plancher, la Bourse est devenue le lieu de toutes les opportunités mais aussi de tous les dangers. La volatilité est extrême car les investisseurs traditionnels sont conduits à suivre des mouvements massifs comme celui créé par SoftBank. Et ce n’est qu’un début.

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