Politiques

“On voudrait des explications de la part de notre ministre et qu’on évalue aussi ceux qui sont à l’aval de notre travail”


Le Syndicat indépendant des commissaires de police réagit sur franceinfo au fait que le ministère de l’Intérieur communiquera, dès octobre, un bilan de l’activité des forces de l’ordre chaque début de mois.

“On voudrait des explications de la part de notre ministre et qu’on évalue aussi ceux qui sont à l’aval de notre travail”, a réagi lundi sur franceinfo Jean-Paul Mégret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP). Lundi 7 septembre, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin et la secrétaire d’État Marlène Schiappa ont annoncé qu’un bilan de l’activité des forces de l’ordre sera communiqué chaque mois à partir du mois d’octobre.

Jean-Paul Mégret a dit souhaiter que cette évaluation concerne “ceux qui, au niveau de la justice, sont censés donner une suite aux procédures qu’on initie”. Mais selon lui, “d’après les propos du garde des Sceaux, ce n’est pas demain la veille” qu’elle va être évaluée.

“On est tous d’accord pour dire que, comme tout service public, on doit être évalué et on doit pouvoir expliquer ou rendre compte de notre activité”, a admis le secrétaire général du SICP. Mais reste à savoir “de quelle manière”. “Est-ce que cela va être le nombre de plaintes ? À ce moment-là se posera la question de savoir comment on accueille les gens.”

Sur la question des stupéfiants, “on va évaluer les quantités saisies”, a précisé Jean-Paul Mégret en rappelant que “le Code pénal ne fait pas de différence entre les quantités en possession d’un trafiquant de drogue, qu’elles soient fortes ou faibles, qu’elles soient de n’importe quel produit. Si on commence à dire qu’on évalue les quantités saisies, je ne vois pas trop la différence avec le travail des douaniers.”

Aujourd’hui, on met une énorme pression au niveau des chefs de service pour faire remonter ces chiffres.Jean-Paul Mégretà franceinfo

Le commissaire craint “des remontées de chiffres qui soient quasiment toutes les semaines, où on oblige les gens à multiplier des opérations, juste pour dire qu’on a fait des opérations.”

Pour Jean-Paul Mégret, si ce bilan est fait pour “adapter notre dispositif, pour montrer qu’il faut être plus efficace, mais dans une logique de compréhension de l’activité, pour montrer là où il y a les difficultés, on ne peut pas être contre.” Mais il reste sceptique “si c’est pour expliquer qu’il y a les bons élèves” parmi les chefs de service “et ceux qui ont les bonnets d’âne. Là, on sera totalement en opposition avec le ministre.”


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