Economie

Mettre des actions en direct dans l’assurance-vie devient plus facile

Il est possible de choisir des actions de l’indice CAC 40, du SBF 120, de la Bourse de Paris (photo).

L’investissement direct en actions via l’assurance-vie n’est plus réservé aux investisseurs les plus fortunés. Détenir des titres dits « vifs » dans le cadre fiscalement favorable de l’assurance-vie – par opposition à l’option plus classique qui consiste à investir en actions via des fonds – est en effet désormais plus accessible, même s’il y a toujours un montant minimal à consacrer à chaque ligne.

Plusieurs contrats proposés en ligne ou via des conseillers en gestion de patrimoine proposent ainsi d’acquérir des actions du CAC 40, du SBF 120, de l’Euro Stoxx 50, voire du Dow Jones IA, comme cela se fait dans un compte-titres. Pionnier de cette offre Internet, avec son produit Titres@Vie, Altaprofits constate que « 10 % des sommes investies en unités de compte [sans garantie] sur ce contrat sont placées sur ces titres vifs », selon Stellane Cohen, sa directrice générale. « Les épargnants y privilégient les grosses valeurs dites de fond de portefeuille, comme L’Oréal, Air Liquide, Total, LVMH, Danone. »

Pourquoi investir en Bourse en direct par le biais de l’assurance-vie ?

Premier avantage : la fiscalité. Ce support permet de bénéficier d’un abattement annuel sur les retraits, quand le contrat a plus de huit ans, de 4 600 euros. Alors que sur un compte-titres, les gains sont taxés dès le premier euro. En revanche, le plan d’épargne en actions (PEA) fait mieux, avec une totale défiscalisation à la sortie, mais avec un plafond de versement à 150 000 euros.

Avantage fiscal

« Avec l’introduction du prélèvement forfaitaire unique à 12,8 % sur le compte-titres, l’avantage de l’assurance-vie s’est beaucoup réduit », relativise Philippe Parguey, directeur chez Nortia, qui relève toutefois un autre atout : « Les dividendes réinvestis dans le contrat ne subissent aucune taxation durant la phase de détention, et les plus-values réalisées à la vente de titres ne supportent pas non plus l’impôt avant la sortie du contrat ».

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Autre avantage fiscal propre à l’assurance-vie : l’exonération partielle de droits de succession au décès de l’assuré, qui fait profiter les bénéficiaires d’un abattement de 152 500 euros pour les sommes placées avant 70 ans. « Loger des actions dans l’assurance-vie permet aussi de les exclure de l’actif successoral [c’est-à-dire du patrimoine du défunt qui sera à partager entre les héritiers], complète Philippe Gourdelier, président (cofondateur) de Patrimea, ce qui peut être intéressant dans la préparation de certaines successions. »

Au-delà de la fiscalité, la détention d’actions dans l’assurance-vie permet aussi, si le contrat le prévoit, d’acheter facilement des actions cotées sur des marchés étrangers – une démarche qui peut paraître plus complexe au sein d’un compte-titres.

Au chapitre des inconvénients, le plus important est l’impossibilité de passer un ordre d’achat ou de vente à un cours connu : quand vous demandez à acquérir ou à céder un titre, vous ne pouvez être certain du prix car il sera acquis ou vendu par l’assureur à sa valeur en fin de séance, le jour où il exécutera l’ordre, à J + 1 ou J + 2, en général. « C’est gênant quand les marchés sont volatils, alerte M. Parguey, les montants déboursés ou perçus peuvent s’éloigner sensiblement de ceux enregistrés lors de la demande d’achat ou de vente. »

Des frais élevés

C’est pourquoi cette pratique est déconseillée aux investisseurs actifs, qui « tradent » les actions. « C’est un cadre pour investir à long terme en abritant un fonds de portefeuille destiné à durer », juge Eric Girault, président de MesPlacements.fr.

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Autre faiblesse : l’assureur étant le propriétaire des titres, l’investisseur ne peut prendre part ni aux votes en assemblée générale ni aux opérations sur titres. Le paiement d’un dividende en actions ou la distribution d’actions gratuites risquent donc de lui passer sous le nez…

Mais le principal point négatif reste les frais, élevés dans nombre de contrats d’assurance-vie patrimoniaux. Bien plus que dans un compte-titres. Aux frais sur versements (jusqu’à 5 %) s’ajoutent ceux de gestion (0,5 à 1 % par an), et parfois des frais liés à l’acquisition des actions (0,60 % à l’achat et à la vente, par exemple).

La facture est cependant bien plus légère dans les contrats vendus sur Internet, ce qui fait dire à M. Girault que, dans ce cas, « les actions en direct dans une assurance coûtent à peine plus que celles logées dans un compte-titres », surtout ouvert dans une banque traditionnelle. Il peut même s’avérer inférieur pour les actions étrangères, pour lesquelles les assureurs prélèvent les mêmes frais que pour les actions françaises.


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