Economie

« Les liens Renault-Nissan n’ont jamais été aussi solides »

Ashwani Gupta, directeur exécutif, membre du conseil d’administration, directeur des opérations et de la performance. Ici, au siège de l’entreprise à Yokohama, au Japon, le 8 avril.

Numéro deux de l’entreprise. Etranger. Tout juste la cinquantaine. Chargé de redresser un symbole automobile national. Ashwani Gupta, qui accorde un entretien exclusif au Monde, est le pendant, chez Nissan, de Luca de Meo, le directeur général italien de Renault, arrivé en juillet. « Luca est un fou de bagnoles, et je suis un fou de bagnoles, dit M. Gupta en s’esclaffant. Luca est un amoureux des marques et des produits, c’est aussi mon cas. Il est tourné vers les gens. Travailler avec lui est très rafraîchissant. »

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Petite boule d’énergie et d’humour, Ashwani Gupta, de nationalité indienne, a donc la lourde tâche de remettre sur la route de la rentabilité le géant japonais de l’automobile, gravement affaibli depuis la chute de son ex-président tout-puissant Carlos Ghosn, en novembre 2018. En France, il aurait peut-être le titre de directeur général délégué, au côté du directeur général de l’entreprise, Makoto Uchida, nommé comme M. Gupta, fin 2019, par Jean-Dominique Senard, président de Renault et de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Chez Nissan, son titre est à rallonge : directeur exécutif, membre du conseil d’administration, directeur des opérations et de la performance. En bref, le pompier de service.

Nissan prévoit une perte nette
de 5,4 milliards d’euros sur son exercice 2020-2021, similaire à celle subie
en 2019-2020

M. Gupta est aussi l’homme qui monte chez Nissan. Selon l’agence Reuters, au début de l’été, plusieurs de ses soutiens ont fait du lobbying, afin qu’il partage le premier rôle avec M. Uchida, ou qu’il le remplace et que ce dernier occupe le poste de président. « Makato Uchida et moi sommes, tous deux, membre du conseil de Nissan en tant que dirigeants exécutifs, souligne M. Gupta. Il est directeur général, ce qui veut dire qu’il est responsable de l’entreprise, de sa stratégie. Moi, en tant que directeur des opérations, je suis responsable du redressement. Ce qui est un immense défi. »

Et la tâche a de quoi occuper vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nissan prévoit une perte nette de 5,4 milliards d’euros sur son exercice 2020-2021, similaire à celle subie en 2019-2020. Pour avoir l’espoir de retrouver un semblant de rentabilité en 2022, le groupe nippon a mis en place Nissan Next, un plan de restructuration orchestré par M. Gupta. Il consiste en une réduction de 20 % des capacités de production, aboutissant à la fermeture de deux usines, en Indonésie et à Barcelone, en une concentration sur les marchés-clés de Nissan (Chine, Etats-Unis, Japon) et en une offensive produits

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