Economie

« Le PDG de Veolia a tiré les leçons des échecs du passé pour tenter de mettre la main sur Suez »

Le patron de Veolia, Antoine Frérot, à Paris, le 30 août.

Les serpents de mer profitent souvent des eaux tumultueuses pour refaire surface. Le rapprochement entre Veolia et Suez constitue depuis quinze ans un magnifique spécimen du genre. La crise provoquée par la pandémie de Covid-19 a réussi à réveiller la chimère. Veolia, leader mondial du traitement de l’eau et des déchets, a annoncé le 30 août vouloir mettre la main sur le numéro deux, Suez.

A ce stade, rien ne permet de dire si l’opération ira à son terme. Les blasés diront qu’il s’agit d’une énième tentative, qui a vocation à échouer, comme les précédentes. Les optimistes soulignent au contraire un alignement des planètes inédit, qui incite à penser que cette fois pourrait être la bonne.

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Quelle que soit l’issue, la seule certitude c’est que, depuis qu’il est arrivé à la tête de Veolia, pas grand monde n’a vu venir Antoine Frérot. Sous des airs matois, le PDG de 62 ans a pourtant su mener sa barque au terme d’un parcours agité.

Henri Proglio, son ex-mentor dans l’ombre duquel il a grandi, lui avait laissé une dette colossale et une myriade de PME en guise de groupe. Après avoir survécu à son prédécesseur qui n’a pas ménagé ses efforts pour le déstabiliser, Antoine Frérot a su remettre au carré une entreprise qui n’a jamais été en aussi bonne position pour avaler son challenger.

Des airs d’été meurtrier

Cela n’a pas empêché les dirigeants de Suez de tomber des nues. Sans doute n’ont-ils pas prêté suffisamment attention à la petite phrase lâchée le 31 juillet par Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie, propriétaire de 32 % du capital du groupe. « Tout est ouvert », avait-il lancé à propos de cette participation.

En revanche, en août, du côté du comité exécutif de Suez tout semblait… fermé. Dans la torpeur de la canicule, personne n’a imaginé qu’Antoine Frérot prendrait au mot le patron d’Engie et ferait l’impasse sur ses vacances pour préparer l’offensive.

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Pour le directeur général de Suez, Bertrand Camus, la séquence prend des airs d’été meurtrier. Dans ce genre d’opération, l’effet de surprise peut être déterminant. Les dirigeants du groupe peuvent pester sur le toupet d’Antoine Frérot, contester la logique de l’opération, les arguments ont du mal à faire mouche et la contre-attaque sera compliquée à mener. Jean Castex, le premier ministre, a d’ores et déjà adoubé un mariage qui « fait sens ». Quant à Jean-Pierre Clamadieu, n’a-t-il pas reconnu que « le projet par certains aspects est attrayant » ? Engie, en bon actionnaire, n’est focalisé que sur une chose : faire monter les enchères, le reste n’est que littérature.

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