Economie

« La 5G, quoi qu’il en coûte ! »

Tribune. Mobilisations citoyennes, prises de paroles d’élus locaux, auditions parlementaires, procédures contentieuses devant le Conseil d’Etat, saisines du Haut Conseil au Climat, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale, de l’Agence nationale des fréquences, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie… rien n’y fait : le gouvernement a décidé d’attribuer les fréquences permettant de développer la 5G en France et entend se tenir à son calendrier initial.

Peu importe qu’une quantité jamais atteinte d’agences étatiques se penche sur l’impact de cette 5G sur le climat, sur la consommation d’énergie, sur l’exposition des riverains d’antennes. L’enjeu, pour ce gouvernement, est de simuler une bonne gouvernance en arborant une concertation de façade et en instrumentalisant au passage ses agences, pour faire oublier une décision unilatérale dictée par des impératifs purement industriels. La 5G, quoi qu’il en coûte !

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De fait, la saisine de ces multiples agences repose sur des inquiétudes bien légitimes. Le développement de la 5G en Chine et en Corée du Sud se traduit par une explosion de la demande de data et influe fortement sur la consommation d’énergie des réseaux qui a triplé depuis l’arrivée de la 5G. Le secteur du numérique pourrait ainsi voir sa part du total mondial des émissions de gaz à effet de serre passer de 3,7 % à 7,5 %, soit autant que l’ensemble du parc automobile mondial !

Les effets psychosociaux de l’environnement numérique

Selon Ericsson, les vidéos, qui représentent déjà 60 % du trafic mondial, pourrait atteindre 74 % d’ici 2024 ! Les émissions de ce secteur augmentent de 8 % par an là où elles devraient baisser de 5 % si nous voulions respecter l’accord de Paris sur le climat. Parallèlement, le nombre d’objets connectés dépasserait les 22 milliards d’unités, augmentant l’extraction de matières non renouvelables, tout en multipliant les sources d’exposition aux champs électromagnétiques.

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En effet, selon l’Agence nationale des fréquences, l’arrivée de la 5G, ajoutée à la 4G, pourrait accroître l’exposition moyenne de 30 % et augmenter le nombre de points où l’exposition est considérée comme atypique de 50 %. De la brosse à dents aux couches connectées, de la serrure « intelligente » aux réfrigérateurs communicants, nos sociétés s’apprêtent à évoluer dans un monde où des acteurs privés pourront aisément surveiller et monétiser nos moindres faits et gestes.

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