Economie

« La protection de la biodiversité démarre en bas de nos immeubles »

Les espaces des copropriétés sont encore trop souvent des déserts biologiques.

Tribune. L’érosion accélérée de la biodiversité remet en question nos conditions et possibilités d’existence, de même que celles de toutes les autres formes de vivant. Dans cette perspective, les activités humaines auraient, selon certaines études scientifiques, multiplié par cent à mille la vitesse globale d’extinction des espèces par rapport à celle qu’a connue l’évolution de la vie sur Terre dans l’ensemble de son histoire.

Espérer résoudre cette crise, c’est en premier lieu repenser notre manière d’habiter la planète. La première cause de l’altération du fonctionnement des écosystèmes réside en effet dans la destruction des habitats naturels, alimentée notamment par l’extension de l’urbanisation.

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En réaction à ce phénomène, la densification est à l’ordre du jour dans beaucoup de métropoles françaises, où de nombreux projets de construction dans les premières couronnes doivent permettre de limiter l’étalement urbain et l’artificialisation des campagnes. Ces projets se font malheureusement trop souvent au détriment de la biodiversité qui prospère dans les espaces non bâtis au cœur des agglomérations. Une ressource pourtant précieuse.

Les recherches multidisciplinaires menées ces dernières années, par exemple par l’équipe d’Anne-Caroline Prévot au Centre d’écologie et des sciences de la conservation du Muséum national d’histoire naturelle, ont montré au contraire la nécessité de la préserver afin de multiplier les occasions pour les citadins d’être au contact de la biodiversité. Aujourd’hui, celles-ci se réduisent souvent à des relations très dégradées, domestiquées ou même artificialisées.

Le danger de l’amnésie environnementale

Parce qu’on a d’abord envie de protéger ce qu’on connaît, cet appauvrissement des expériences de nature en ville, qualifié parfois d’« amnésie environnementale », contribue à l’aggravation de la situation. En effet, c’est par l’expérience quotidienne et la proximité avec la faune et la flore que se réalisent, au-delà de la prise de conscience, la familiarisation et l’affirmation d’une préoccupation morale vis-à-vis des autres formes de vivant.

Un apprentissage et une appropriation par la tête, le cœur et les mains tels que le définissait déjà le pédagogue suisse Johann Heinrich Pestalozzi au XVIIIe siècle. Des expériences de nature que ne peuvent complètement remplacer l’école, les animateurs nature, les reportages télévisés ou les parcs zoologiques, qui jouent néanmoins un rôle important dans la sensibilisation aux enjeux de la biodiversité.

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