Economie

« La génération confinement paiera pour les boomers »

Tribune. Imaginez qu’on vous demande, à partir de vos vingt ans, de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement. Quoique surprenant, ce cas d’école permet pourtant de comprendre le mécanisme de transfert générationnel du poids de la dette contractée au cours de la crise due au Covid-19. La génération confinement paiera pour les boomers.

La dette publique française devrait atteindre près de 120 % du produit intérieur brut (PIB) en 2022, soit environ 500 milliards d’euros d’augmentation par rapport à 2019. Qu’ont-ils servi à financer ? Selon la Banque de France, la hausse de la dette française liée au Covid-19 s’explique pour un tiers par les mesures prises lors de la crise sanitaire – principalement le dispositif d’activité partielle, les dépenses exceptionnelles de santé et le Fonds de solidarité – et pour deux tiers par la baisse des recettes fiscales en raison de la contraction de l’activité économique.

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Autrement dit, la « dette Covid » n’est pas une dette d’investissement, mais une dette conjoncturelle, principalement utilisée pour financer des dépenses courantes. Elle n’est pas porteuse de croissance future, mais sert à financer l’existant : soutenir la demande des ménages et pallier la baisse de recettes de l’Etat. Il sera ainsi demandé aux jeunes d’aujourd’hui de rembourser demain une dette qui ne leur bénéficiera pas, qui n’est pas créatrice de valeur à venir.

Pour financer les retraites des anciens

Rappelons d’ailleurs que le confinement et, aujourd’hui, les mesures sanitaires strictes, qui ont eu pour effet le ralentissement économique que nous connaissons, ne sont pas destinés à autre chose qu’à la protection des plus âgés qui, en leur temps, ont connu la croissance et l’emploi. Les jeunes ont renoncé à leurs libertés hier, et paient pour eux aujourd’hui en entrant sur un marché du travail dégradé, et paieront pour eux demain encore en remboursant la dette et en finançant leurs retraites.

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La « dette Covid » n’est du reste que la dernière couche de nombreuses strates d’endettement accumulées au cours de l’histoire récente : la dette ne représentait que 21 % du PIB en 1979, soit une augmentation de 77 points en quarante ans. Or, la théorie économique nous enseigne que le recours discrétionnaire à la dette publique se justifie dans deux cas précis.

A court terme, elle permet, en période de récession, de soutenir la demande des ménages et d’éviter la destruction du tissu économique d’entreprises par des mesures de soutien. C’est le rôle contracyclique de la dette. A long terme, elle peut servir à financer l’investissement, pour augmenter la croissance potentielle.

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