Economie

L’Etat et Engie demandent à Veolia d’améliorer son offre sur Suez

C’est un cacique du CAC 40, fin connaisseur du monde des services à l’environnement (eau, déchets…), qui l’affirme : « L’offre de Veolia sur Suez est clairement hostile, et cela va mal se passer. » Six jours après l’annonce par le numéro un mondial de sa volonté de reprendre l’essentiel de la participation d’Engie dans son rival historique (soit 29,9 % sur 32 %), puis de lancer une offre publique d’achat (OPA) sur le solde, une paix armée s’est installée entre les deux groupes. Et le PDG de Veolia, Antoine Frérot, n’a pas encore réalisé son vieux rêve : créer un « champion mondial de la transformation écologique », qui pèserait plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Lire le décryptage : Pourquoi le groupe Veolia monte à l’assaut de Suez

Pour l’heure, l’Etat apporte un soutien conditionnel au projet. Après le premier ministre, Jean Castex, le ministre de l’économie, des finances et de la relance a réaffirmé la position du gouvernement, vendredi 4 septembre, en marge d’un déplacement. « L’idée stratégique de créer un champion mondial de la gestion des déchets, des questions environnementales est une bonne idée stratégique », a indiqué Bruno Le Maire. Il a toutefois prévenu que l’opération devait offrir une « bonne valorisation » de la participation d’Engie dans Suez, puisque l’intérêt patrimonial de l’Etat, détenteur de 23,6 % du capital d’Engie, est en jeu.

Lire la chronique : Veolia-Suez : « Les pouvoirs publics sont d’indécrottables amoureux du champion national »

Sans annoncer un montant, le président du géant de l’énergie, Jean-Pierre Clamadieu, a estimé, vendredi, sur BFM Business, que le projet est « par certains aspects attrayant », mais que « le compte n’y est pas », les 29,9 % valant plus que les 2,9 milliards d’euros proposés (15,50 euros par action Suez). Il a aussi appelé à « une offre inclusive dans laquelle les équipes de Suez se sentent parties prenantes ». Un des points les plus sensibles du dossier.

Situation bloquée

M. Frérot a eu beau dire et écrire au directeur général de Suez que son offre était faite « dans un esprit résolument amical », Bertrand Camus l’a vite rejetée comme hostile. Les salariés du groupe tentent, eux, de se mobiliser face à ce qu’ils considèrent comme une double menace : l’instabilité que l’opération va créer pendant des mois et les pertes d’emplois. Mercredi, M. Camus a écrit aux 90 000 employés de son entreprise (dont 30 000 en France) pour dénoncer des « risques majeurs et des incertitudes fortes, en particulier sur nos équipes, nos emplois, l’avenir de nos activités eau en France ». Et tous les syndicats les appellent, « quels que soient leurs pays », à arrêter le travail, mardi 8 septembre de 9 heures à 11 heures, pour afficher leur « détermination à lutter contre le projet d’OPA ».

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