Economie

Inigo Philbrick, splendeur et misère d’un marchand d’art

Les scénaristes aiment les délinquants en col blanc. Après Jordan Belfort, qui a inspiré Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese, Bernard Madoff incarné par Robert De Niro dans The Wizard of Lies, ou le parcours des avocats Jürgen Mossack et Ramon Fonseca, au cœur du scandale des « Panama Papers », retracé par Steven Soderbergh dans Laundromat, Inigo Philbrick pourrait devenir à son tour un héros de cinéma.

Le marchand d’art américain de 33 ans, expert ès montages financiers dans un monde de l’art vampirisé par l’appât du gain, incarcéré depuis cet été au Metropolitan Correctional Center de New York, pourrait voir sa vie et ses méfaits transformés en un film rocambolesque. Victoria Baker-Harber, sa compagne britannique, dit avoir déjà reçu six propositions de fiction, dont une émanant de Netflix. Son ex-meilleur ami, Kenny Schachter, en dénombre quatre. « Dont deux majors d’Hollywood ! », précise ce ricaneur professionnel, tour à tour avocat, marchand, artiste, collectionneur, curateur et journaliste.

Comme Le Loup de Wall Street, le film pourrait démarrer par la voix off si chère à Martin Scorsese, le héros racontant aux spectateurs l’épilogue de son histoire avant de rembobiner le récit. « C’est au Vanuatu, le 11 juin 2020, que s’est achevée ma brève carrière de jeune escroc », pourrait-on entendre pendant que la caméra filmerait les eaux turquoise du Pacifique avant de surplomber le pittoresque marché de Port-Vila où s’empilent, pour les gogos, bijoux en coquillage et chapeaux en fibre de cocotier.

Philbrick avait choisi ce paradis fiscal pour commencer une nouvelle vie avec sa fiancée qui ambitionnait d’y ouvrir un hôtel. Six plaintes ayant été déposées auprès des justices britannique et américaine, avec à la clé le gel de ses avoirs, il espérait surtout s’y soustraire à la fureur de ses créanciers. C’est dans cette île du Pacifique Sud que le FBI a procédé à son arrestation.

Arnaque évaluée à 25 millions de dollars

Après avoir transité par Honolulu, le Nevada et l’Oklahoma, Inigo Philbrick attend aujourd’hui la conclusion de l’intrigue dans la prison ultra-sécurisée du sud de Manhattan, célèbre pour avoir abrité quelques stars de la criminalité, le narcotrafiquant « El Chapo », le prédateur sexuel Jeffrey Epstein et… le courtier Bernard Madoff. Il encourt entre deux et cinq ans de prison pour une arnaque évaluée au bas mot autour de 25 millions de dollars. Il lui est reproché d’avoir, entre 2016 et 2019, vendu des œuvres dont il ne détenait pas la pleine propriété à plusieurs personnes simultanément et d’avoir produit de faux documents pour gonfler leurs prix.

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