Sports

Quelque chose s’est cassé sur le Tour de France…

La 5e étape du Tour de France a proposé un triste spectacle, sans la moindre échappée. Ces tentatives, souvent vaines, sont pourtant nécessaires. Mais aucun coureur n’avait envie de se sacrifier.

Félicitations aux commentateurs de télévision, qui ont tenu les 4h20 d’antenne sur du vent, sur la même image, celle d’un peloton groupé qui avance à 40 km/h dans la plaine. C’est le spectacle offert par les coureurs lors de la 5e étape du Tour de France, qui fera date. Hormis une sortie de quelques hectomètres de Kasper Asgreen et Thomas de Gendt, il n’y a pas eu la moindre tentative d’échappée. Rien. L’étape s’est résumée à un sprint remporté par Wout van Aert et à la sanction infligée à Julian Alaphilippe, après l’arrivée.

Et le respect du Tour ?

Habituellement, les étapes de plaine n’offrent pas un spectacle palpitant, mais il y a toujours deux ou trois courageux pour prendre place dans l’échappée, pas pour gagner (les équipes de sprinteurs sont de mieux en mieux organisées et ne laissent plus aucune latitude aux attaquants), mais au moins pour montrer le maillot. C’est pour cela qu’on parle d’échappée publicitaire. Et il y a aussi une tradition à respecter.

« Lorsque je me suis retrouvé tout seul, il restait beaucoup de kilomètres mais par respect pour le Tour de France et parce qu’on ne sait jamais ce qu’il peut se passer, j’ai continué et essayé de jouer ma chance », disait l’autre jour Jérôme Cousin (Total Direct Energie), qui s’est farci 120 kilomètres seul devant, et donc seul dans le vent, parce que ses compagnons de départ (Cosnefroy et Perez) voulaient simplement faire les points de la montagne en début d’étape.

Personne pour montrer le maillot

Ces dernières années, Yoann Offredo (Wanty-Groupe Gobert) s’était plaint du manque de soutien dont il bénéficiait dans les échappées. Cette année, le Français ne fait pas le Tour (son équipe n’a pas été invitée), alors il officie comme consultant, et n’a pas aimé ce qu’il a vu. « Je suis encore coureur, je sais que les coureurs ne peuvent pas se lancer dans des offensives tous les jours, a-t-il expliqué sur le plateau de France Télévisions. On avait un parcours qui ne s’y prêtait pas. On avait une étape qui allait arriver au sprint. Mais combien de sprinteurs peuvent rivaliser avec Wout Van Aert ? Combien de coureurs ont les capacités de battre Roglic, Bernal ou Alaphilippe demain (jeudi) au Mont-Aigoual ? C’était l’opportunité pour certains coureurs de passer quatre heures à l’antenne. Le vélo, c’est du marketing ! On a été plus de trois mois sans compétition, les coureurs devraient avoir le couteau entre les dents. C’est le Tour de France, c’est la plus belle course du monde ! »

Ce mercredi, c’était la course la plus ennuyeuse du monde, parce que personne n’a osé se sacrifier. Souvent, c’est le rôle des petites équipes, les équipes invitées, mais B&B Hôtels avait Bryan Coquard pour le sprint, et Total Direct Energie a fait sa part sur le début du Tour (et possède aussi un finisseur, Bonifazio). Quant aux Arkéa-Samsic, ils roulent pour le classement général, autour de Nairo Quintana.

Un parcours trop difficile ?

C’est l’une des explications que l’on peut avancer pour expliquer cette absence totale d’attaques. Il y a ça, mais aussi le souvenir de ces dernières années, où le peloton, ce gros chat, ne laisse plus aucune marge aux échappées (quatre minutes, pas plus, contre parfois dix auparavant), et avale les petites souris bien loin de l’arrivée.

Et il y a enfin ce parcours du Tour, plus difficile que les années précédentes, parce qu’il a proposé de la montagne dès les premiers jours, et n’offrira que très peu d’étapes plates, dites de transition. Celle-ci en était une belle. « Tout le monde a peur de ce Tour difficile, a explique Coquard après l’arrivée. Et mine de rien, il fallait se lancer dans un raid de 180 kilomètres avec le vent de face. »

« On a en tous les cas vu que toutes les équipes étaient solidaires après ce départ de Tour compliqué, et que beaucoup de formations et de coureurs avaient besoin de récupérer, observe Thierry Bricaud, le directeur sportif de Groupama-FDJ. Au fond, ce n’était pas non plus illogique d’assister à une telle étape. » Illogique, non. Mais un peu triste, certainement.

Lire aussi:
Tout sur le Tour de France
Le coup de gueule d’un coéquipier d’Alaphilippe
Van Aert au bout de l’ennui


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page