Economie

L’économie américaine soutenue par la Fed et le succès des entreprises numériques

Lorsque Wall Street a battu de nouveaux records, mercredi 2 septembre, Donald Trump s’en est immédiatement prévalu. « Le Dow Jones vient juste de clôturer au-dessus des 29 000 points. Comme vous avez de la chance de m’avoir comme président. Avec Joe Hiden [jeu de mot sous entendant que le candidat démocrate est caché dans le sous-sol de son domicile, refusant de faire campagne], ce serait le crash », a twitté le président républicain, candidat à sa réélection. Si la deuxième partie du propos peut mériter débat – M. Biden augmenterait l’impôt sur les sociétés, relèverait le salaire minimum fédéral, ce qui pourrait réduire les profits des entreprises et donc leur cours de Bourse –, la première revendication est largement usurpée.

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Si la Bourse monte au ciel, ce n’est pas grâce à Donald Trump, mais à cause du président de la Reserve fédérale Jerôme Powell. Ce dernier est entré dans une politique durable de taux d’intérêts quasi nuls et d’achat massif de la dette des entreprises qui auraient dû faire faillite. Il a ainsi entraîné une appréciation des actifs boursiers. L’envolée fut au début concentrée sur les entreprises numériques, grandes gagnantes de la crise du Covid-19, mais concerne désormais toute l’économie, à l’exception des compagnies pétrolières. Chaque secteur s’envole lorsque les résultats sont « moins pires que prévus » et que des licenciements sont annoncés, telles les compagnies aériennes ou les groupes de distribution comme Macy’s.

Rassasiées d’argent gratuit

Depuis le début de l’année, l’indice Dow Jones a gagné 2 %, le S&P500 a progressé de 11 % tandis que le Nasdaq, riche en valeurs technologiques, a bondi de plus d’un tiers. Les entreprises américaines se sont rassasiées d’argent gratuit sur les marchés, le Financial Times ayant calculé qu’elles avaient levé cette année plus de 1 900 milliards de dollars, battant dès la fin août les records annuels précédents. Cette course au cash a un mérite : elle a évité les faillites généralisées qui auraient eu lieu en cas de crise de liquidité.

M. Powell a explicité sa nouvelle politique lors du symposium de Jackson Hole, jeudi 27 août. La réunion avait été transformée en événement virtuel, Covid-19 oblige, ce qui a fait manquer aux banquiers centraux de la planète une villégiature au pied de Grand Teton, dans le Wyoming. Mais ses décisions, loin d’être virtuelles, sont lourdes de conséquences. M. Powell va laisser filer l’inflation si nécessaire au-delà de 2 % et renoncer à des hausses de taux d’intérêts préventives.

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