Economie

Près de cinq millions de « passoires thermiques » en France

La façade d’un immeuble parisien, le 20 mars.

La précarité énergétique est un fléau, mais il manquait des données fiables pour la caractériser. C’est désormais chose faite : il existe 4,8 millions de « passoires thermiques » sur les 29 millions de résidences principales que compte l’Hexagone. Quelque 17 % des logements sont donc considérés comme très énergivores, et catalogués F et G sur l’échelle du diagnostic de performance énergétique (DPE). Ce sont les conclusions de l’étude menée par le service des statistiques du ministère de la transition écologique, révélée mercredi 2 septembre, et qui, en une vingtaine de pages, présente l’état des logements en France en fonction de leur classe énergétique.

La publication de cette enquête à la veille de la présentation du plan de relance n’a rien d’un hasard. Une partie des 100 milliards d’euros promis par le gouvernement doit être consacrée à la rénovation thermique des bâtiments, ces derniers étant responsables de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre.

Or, avant que la France accélère sérieusement ce vaste chantier d’amélioration du bâti, indispensable pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, avoir une idée précise du volume de logements à rénover, en clair, savoir de quoi on parle, était plus que nécessaire.

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C’est d’ailleurs dans le but de disposer de données précises qu’un Observatoire national de la rénovation énergétique a vu le jour il y a un an. Cette étude, à partir de laquelle « on va pouvoir comptabiliser de manière fiable le nombre de rénovations faites », donc évaluer la politique publique, explique Emmanuelle Wargon, la ministre déléguée chargée du logement, est en quelque sorte sa première concrétisation.

Précarité énergétique

Jusqu’à présent, les statistiques évoquaient 6,7 millions de passoires énergétiques sur le territoire. Si le nombre − qui reste une estimation – a baissé, c’est seulement parce que « les données étaient anciennes et peu fiables », détaille la ministre. « Certains éléments suggèrent (…) que l’enquête Phébus l’étude antérieure, celle de 2013 a pu conduire à une surestimation de la proportion de passoires », abondent les auteurs de la nouvelle étude.

Côté méthodologie, il a fallu composer avec les imperfections du diagnostic de performance énergétique. Les auteurs ont commencé par exploiter les données des DPE récoltées par l’Agence de la transition écologique (Ademe), dont ils ont corrigé les biais en faveur des constructions neuves. Ils ont ainsi analysé 500 000 DPE de logements construits après 1948 (77 % du parc). Ils ont ensuite fait appel à un bureau d’études, Energies Demain, pour modéliser les caractéristiques techniques des bâtiments plus anciens, pour lesquels les DPE sont très peu fiables.

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