Economie

« L’Etat doit soutenir les opérateurs comme les régions »

Touché, comme toutes les entreprises, par la crise du Covid-19, le numéro un français de la construction ferroviaire, Alstom, a vu son chiffre d’affaires baisser de 25 % entre fin mars et début juillet 2020 par rapport à la même période de 2019. Alors que le groupe est engagé dans le rachat de son concurrent canadien Bombardier Transport, qui devrait être finalisé au cours du premier semestre 2021, le PDG Henri Poupart-Lafarge attend avec impatience les arbitrages du plan de relance du gouvernement qui pourrait apporter à son activité une bouffée d’oxygène.

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Certains de vos plus importants clients français – la région Ile-de-France, la SNCF – ont des soucis d’argent. Etes-vous inquiets pour leurs commandes en cours de matériel ferroviaire ?

Beaucoup de nos clients à travers le monde – pas seulement en France – ont, en effet, vu leurs recettes diminuer. Le trafic ferroviaire a baissé drastiquement, mais il reprend plus vite que d’autres types de transports, comme l’aérien. La plupart des Etats dans le monde ont réagi en mettant en place des plans d’urgence pour s’assurer que les opérateurs de transport continuent leur activité puisque le ferroviaire est absolument essentiel au fonctionnement de chaque pays : en Grande-Bretagne avec un soutien aux opérateurs privés, en Allemagne avec une aide massive à la Deutsche Bahn, aux Etats-Unis avec un appui très fort à l’Amtrak, la compagnie publique des chemins de fer.

Oui mais pas en France, où l’Etat a soutenu le secteur aérien, le tourisme, l’automobile… Pas le ferroviaire…

J’ai le sentiment que les pouvoirs publics ont pris la mesure des enjeux de notre secteur. Il est essentiel que l’Etat soutienne les opérateurs comme les régions, pour leur permettre de continuer à fonctionner tout en poursuivant les plans d’investissement déjà prévus.

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Ce soutien, ce pourrait être le plan de relance. Qu’en attendez-vous ?

Le plan de relance doit à la fois faire repartir la machine économique – c’est indispensable – et c’est également une formidable occasion d’accélérer la transition écologique par l’innovation. Alstom s’engage déjà dans cet effort. On entend parler de sauver les petites lignes, de la relance du fret, de créer de nouvelles lignes. Nos technologies peuvent répondre à ces défis.

Par exemple, sur la ligne à grande vitesse Paris-Lyon, en cumulant nos solutions de digitalisation et le « TGV du futur » – nos deux fers de lance –, on peut augmenter la capacité [de trafic et de nombre de passagers] de 40 % à 45 %, ce qui est énorme, et à un coût modeste par rapport à ce que coûterait la construction d’une nouvelle ligne.

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