Economie

« Face à Netflix, nous faisons la course avec des menottes »

Gilles Pélisson, PDG du Groupe TF1, à Paris, en 2020.

Après un premier semestre passé à improviser des économies de fonctionnement et à tailler dans les coûts de grille, le PDG de TF1 aborde la rentrée confiant dans la qualité de ses programmes, mais prudent quant aux perspectives de reprise du marché publicitaire. A propos de LCI, il se dit prêt à sacrifier l’audience si celle-ci signifie épouser une ligne éditoriale fondée sur la polémique.

Dans quel état d’esprit abordez-vous la rentrée ?

L’été s’est bien passé : TF1 a fait la course des audiences en tête. Nous avons pu reprendre nos tournages dès la mi-mai. Nous aurons à disposition entre 50 et 60 épisodes de notre nouveau feuilleton quotidien, Ici tout commence, lorsqu’il sera mis à l’antenne, chaque jour vers 18 h 50. Nous proposerons des films forts (A Star is Born avec Lady Gaga, Le Sens de la fête, etc.), des divertissements dont le nouveau District Z, sorte d’escape game dans un univers de zombies coproduit avec Arthur (des chaînes étrangères sont intéressées), des fictions comme Pourquoi je vis, adapté de l’histoire de Grégory Lemarchal et son combat contre la mucoviscidose. Cependant, nous allons faire avec deux nouveaux paramètres : la diffusion par France Télévisions du Tour de France et de Roland-Garros en septembre, une situation inédite.

Lire aussi Tour de France 2020 : étape par étape, à quel moment allumer votre télé ?

Les annonceurs sont-ils de retour ?

Après un mois de juillet plutôt stable, août a montré une progression par rapport à l’année dernière. Des marques reviennent, dans l’alimentaire, l’automobile, mais aussi les Gafan (Google, Amazon, Facebook, Apple et Netflix), la téléphonie, les sociétés de services, etc. Par rapport aux baisses de chiffre d’affaires de 40 à 50 % d’avril et mai, c’est un bon signal, mais nous restons prudents car notre visibilité n’excède pas deux à trois semaines.

Avez-vous dû baisser les prix des spots publicitaires ?

En tant que leader du marché, nous ne pouvons pas nous le permettre, car cela serait destructeur de valeur.

Allez-vous poursuivre les économies de programme ?

Après avoir réduit nos dépenses de 24 % au premier semestre, nous investissons dans notre grille au second pour accompagner une relance de l’économie et de la publicité. Le coût des programmes sera tout de même inférieur, car nous n’avons pas d’événement comme la Coupe du monde de rugby en 2019, qui nous avait coûté 30 millions d’euros.

Y aura-t-il un plan de départ ?

Non, mais nous gelons les embauches et les départs ne sont pas systématiquement remplacés. De plus, le confinement nous a appris à nous organiser différemment. Nous avons lancé une expérimentation de six mois sur la pérennisation du télétravail, qui pourrait passer de moins d’une journée par semaine à deux jours en moyenne, selon les activités.

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