Economie

Bus, métros, tramways…, le transport public en difficulté

A la gare du Nord, à Paris, le 15 mai.

A peine quarante-huit heures avant le dévoilement du plan de relance de l’économie française – l’annonce est prévue jeudi 3 septembre –, le petit monde des transports publics urbains s’alarme de savoir s’il sera ou non l’oublié du soutien gouvernemental destiné à contrer les effets de la crise liée au Covid-19.

Car les opérateurs de bus, tramways, métros, trains urbains, mais aussi les autorités organisatrices de la mobilité (les régions, les municipalités), subissent, depuis le déclenchement de l’alerte épidémique, en mars, une double peine. Ils sont sommés, d’une part, par les pouvoirs publics de faire rouler le maximum de matériel, afin d’assurer la mobilité du pays, et se retrouvent victimes, d’autre part, d’une désaffection sans précédent des voyageurs. Ces derniers sont soit incités à rester chez eux (confinement puis télétravail), soit méfiants envers l’enfermement à plusieurs dans des véhicules collectifs.

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Les conséquences de cet effet d’étranglement sont d’abord sonnantes et trébuchantes. « Sur 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires au total, nous estimons à 4 milliards d’euros les pertes qui seront subies en 2020 par le transport urbain en France à cause de l’épidémie », confirmait au Monde, mardi 25 août, Thierry Mallet, le PDG de l’opérateur Transdev (filiale de la Caisse des dépôts et numéro un mondial de sa catégorie) et également président de l’Union des transports publics, le syndicat patronal du secteur.

Dans ces 4 milliards, 2,6 milliards d’euros de pertes sont subies par la seule Ile-de-France, qui écrase de tout son poids la mobilité urbaine hexagonale. Pour Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice et financeuse des transports dans la région capitale, ce manque-à-gagner se divise entre une baisse de 1 milliard d’euros du versement mobilité (VM), cette taxe basée sur la masse salariale des entreprises qui finance les transports, et d’une perte de recette voyageurs pour 1,6 milliard.

« On a bon espoir qu’une solution soit trouvée »

Face à cette hémorragie financière, Valérie Pécresse, la présidente (Libres !, ex-LR) de l’Ile-de-France, et à ce titre présidente d’IDFM, a ordonné, au début de l’été, la cessation des paiements, qui auraient normalement dû être versés aux deux grands opérateurs franciliens, RATP et SNCF Transilien. « Ni août ni juillet n’ont été versés, explique un bon connaisseur du dossier, et rien ne sera payé par IDFM tant que l’Etat n’aura pas compensé nos pertes. Valérie Pécresse se refuse à augmenter le prix du transport ou à reporter les investissements. »

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