Economie

moins de personnes vulnérables pourront en bénéficier

Une grande partie de personnes dites vulnérables, à risque de formes graves de Covid-19, ne peuvent plus bénéficier des dispositions de chômage partiel à compter du 1er septembre. Un décret paru dimanche 30 août au Journal officiel durcit ces règles, en réduisant sensiblement la liste des personnes pouvant en bénéficier, dont les « salariés partageant le domicile d’une personne vulnérable ».

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Depuis le début de la crise sanitaire, les personnes malades à risques pouvaient bénéficier d’un arrêt de travail ou d’activité partielle, sur la base d’un certificat d’isolement délivré par leur médecin, afin de les exposer le moins possible au virus et de ne pas subir de trop lourdes pertes financières.

Des inquiétudes

Ce n’est donc plus le cas, sauf « pour les personnes atteintes de certaines pathologies qui présentent un risque particulièrement élevé de formes graves de Covid ». Selon le décret, ce sont les personnes souffrant d’un cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie), des sujets atteints d’une immunodépression congénitale ou acquise (infection à VIH, consécutive à une greffe d’organe, liée à une hémopathie maligne…), les personnes en dialyse ou présentant une insuffisance rénale chronique sévère, et celles âgées de 65 ans ou plus souffrant d’un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires.

Si l’association de malades rénaux Renaloo se dit satisfaite de la prise en compte des patients qu’elle représente, elle est, selon elle, insuffisante. En effet, « des personnes pour lesquelles un risque important est pourtant avéré ne sont pas dans la liste et devront donc retourner sur leur lieu de travail », souligne-t-elle.

Nombre de malades ont manifesté leurs inquiétudes. « Nous sommes satisfaits que les personnes à haut risque vital aient été prises en compte, mais il y aura des trous dans la raquette », regrette Féreuze Aziza, conseillère assurance maladie pour France Assos Santé, qui regroupe 85 associations de patients et d’usagers de la santé.

Pour prendre cette décision, les ministères de la santé et celui du travail se réfèrent à l’avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) du 30 juin. Se fondant sur les données scientifiques, le HCSP indique que le télétravail est privilégié, mais qu’à défaut le travail présentiel doit être proposé à toutes les personnes fragiles, assorti de renforcement de mesures de protection. Matignon met aussi en avant le risque de « désinsertion professionnelle ». Pour le HCSP, le risque de contamination n’est pas plus élevé dans un lieu de travail que dans la rue ou un autre endroit.

Une indemnisation moindre

« Le timing et le contenu de ce décret sont surprenants à deux jours de son application. Il n’y a aucune base scientifique pour hiérarchiser ces maladies. Le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques… sont exclus. Or, ce sont des facteurs de risques majeurs et aggravants pour les personnes infectées par le coronavirus SARS-CoV2 », souligne Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie à l’université de Versailles-Saint- Quentin-en-Yvelines. Pourquoi ne pas avoir attendu de voir l’évolution de l’épidémie fin septembre-courant octobre, questionne-t-il.

Lorsque le télétravail ne sera pas possible et que les conditions de sécurité pour le retour au travail ne seront pas réunies, le seul recours sera l’arrêt maladie, avec une indemnisation moindre rapidement dégressive.




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