Economie

Le conflit opposant les médias à Facebook et Google se durcit

Facebook comme Google contestent l’idée de payer pour des extraits d’articles.

La tension est montée de plusieurs crans dans le conflit qui oppose les médias et les grandes plates-formes numériques à propos de la rémunération des contenus. Lundi 31 août, Facebook a menacé d’interdire le partage de liens d’articles de presse sur ses services en Australie si Canberra vote une loi concrétisant sa volonté de faire payer les géants du Web pour la reprise d’extraits de contenus de médias.

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Ce « black-out » inédit concernerait les liens des médias australiens et étrangers sur Facebook et sa filiale Instagram, qu’ils soient publiés par les éditeurs ou les internautes. Cette menace fait suite à la publication, le 31 juillet, par l’autorité de la concurrence australienne d’un projet de régulation. Celui-ci donnerait trois mois à Facebook et Google pour négocier avec les éditeurs de presse, sous la surveillance d’un médiateur et sous peine de lourdes amendes.

Au même moment, lundi 31 août, en France, l’association regroupant les plus grands éditeurs nationaux et régionaux a justement saisi l’autorité de la concurrence pour faire sanctionner l’absence de résultats dans la négociation en cours avec Google depuis plusieurs mois.

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L’Alliance de la presse d’information générale (APIG, à laquelle appartiennent Le Monde, Le Figaro, Ouest-France…) demande ainsi la nomination d’un tiers expert qui assiste aux échanges. Les médias réclament également de faire payer à Google une « astreinte » financière si le moteur de recherche ne transmet pas certains documents demandés, notamment sur l’utilisation des contenus d’information et les revenus générés sur sa plate-forme.

Surenchère

C’est la deuxième fois que les éditeurs français en appellent à l’autorité de la concurrence. Cette dernière avait déjà, fin avril, donné trois mois à Google pour négocier « de bonne foi » la rémunération du « droit voisin », qui donne aux médias le droit de demander aux plates-formes de payer pour la reprise de titres d’articles, avec liens, courts extraits et photos. Ce droit a été créé par la directive européenne sur le droit d’auteur, que la France a été la première à transposer par une loi, fin octobre 2019.

« Pourquoi est-il toujours si compliqué pour ces grands acteurs d’appliquer un cadre légal ? Ce ne sont plus des multinationales, mais des supranationales », déplore Pierre Louette, PDG du groupe Les Echos-Le Parisien et chargé de la négociation pour l’APIG. « Ces groupes ont des positions globales : un signe dans un pays annonce souvent un changement qui s’appliquera partout », anticipe un éditeur français, en référence au raidissement de Facebook en Australie.

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