Economie

Covid-19 : l’économie indienne s’effondre

A Srinagar, dans le nord de l’Inde, le 27 juillet.

En Inde, l’activité économique plonge. Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB), mesuré entre les mois d’avril à juin, a chuté de 23,9 %. Jamais le pays n’avait connu une telle crise, depuis la création des statistiques de croissance, en 1996. Les données du ministère des statistiques, publiées officiellement lundi 31 août, sont catastrophiques pour le deuxième pays le plus peuplé de la planète. Le géant asiatique, qui connaissait déjà un ralentissement de sa croissance avant le début de l’épidémie, à 4,2 %, en 2020, contre 8 % les trois années précédentes, paie le coût du confinement extrêmement strict décidé par le premier ministre, Narendra Modi, le 24 mars.

Durant soixante-huit jours, le pays s’est totalement figé, les magasins, les hôtels, les restaurants, les usines, les chantiers ont fermé et les transports ont été mis à l’arrêt. Résultat, la production et la consommation se sont écroulées, en particulier la consommation des ménages (− 26,7 %), qui constitue le moteur traditionnel de la croissance indienne.

Lire aussi : En Inde, la grande casse sociale et environnementale

Le confinement n’a pas contenu l’épidémie de Covid-19, mais a porté un coup fatal à l’économie et laissé des millions de travailleurs sans ressources. L’opposition évoque « une tragédie économique » et dénonce la « nonchalance » et « l’insouciance » du premier ministre et de son gouvernement, qui ont ignoré les messages d’alerte des experts et de la banque centrale. « Le pays, dans son ensemble, paie un lourd tribut, les pauvres et les personnes vulnérables sont désespérés », a déclaré Palaniappan Chidambaram, l’ancien ministre des finances et leader du Congrès, le principal parti de l’opposition.

Tous les secteurs sont frappés par la crise : l’industrie, les mines, le textile, le tourisme, l’immobilier, les services… Même les opérateurs télécoms ont vu les abonnements diminuer, signe de la difficulté des ménages. L’agriculture est la seule à ne pas souffrir. Elle bénéficie d’une croissance de 3,4 %, contre 3 % en 2019, dopée par de bonnes conditions climatiques. Beaucoup d’Indiens ont déjà perdu leur emploi, et les jeunes de 15 à 24 ans sont les premiers touchés. Or cette classe d’âge représente 45 % de la population, et 1 million de jeunes entrent chaque mois sur le marché du travail.

La situation sanitaire se dégrade

Selon Mahesh Vyas, directeur général du Centre de surveillance de l’économie indienne (Center for Monitoring Indian Economy, CMIE), 19 millions d’emplois salariés ont été perdus. Ceux-ci étaient estimés à 86,1 millions en 2019-2020. Ils sont tombés à 68,4 millions en avril et à 67,2 millions en juillet. Cette donnée est inquiétante pour la reprise, car ces emplois très privilégiés dans le pays où 90 % de l’économie est informelle confèrent aux ménages qui en bénéficient des capacités d’épargne et d’emprunt. Selon le CMIE, les emplois non salariés sont repartis plus vite après le confinement.

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