Economie

Arnaud Lagardère va au conflit avec Vincent Bolloré et Amber

De démonstration de force en coups de Jarnac, la guerre se poursuit entre Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi, et le fonds activiste Amber Capital. Lundi 31 août, Lagardère, qui possède Hachette, Europe 1 ou Le Journal du dimanche, a fait savoir qu’il refusait de convoquer une assemblée générale, n’accédant ainsi pas à la demande de ses deux premiers actionnaires, détenteurs à eux deux de 43,5 % du capital. Alliés depuis le 11 août, Amber Capital et Vivendi souhaitent faire nommer quatre administrateurs au conseil de surveillance de Lagardère.

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Mais Lagardère a jugé qu’il n’y avait pas de « motif légitime » à convoquer une nouvelle réunion, la dernière s’étant tenue le 5 mai. Le groupe n’a pu s’empêcher un nouveau coup de griffe à l’égard de Vivendi, coupable, selon lui, d’être « en concurrence directe » avec Hachette, son joyau, en étant propriétaire d’Editis. La réponse ne s’est pas fait attendre. Vivendi et Amber Capital ont publié un communiqué, mardi 1er septembre, faisant savoir qu’ils allaient saisir le tribunal de commerce pour se faire entendre.

Signe d’ouverture

Tout en refusant la tenue d’une assemblée générale, Lagardère a pourtant fait mine d’offrir un signe d’ouverture et d’apaisement à ses deux meilleurs ennemis. Il s’est dit prêt à faire nommer au sein du conseil Virginie Banet, la candidate indépendante proposée par Vivendi, une financière notamment passée par Nomura et Natixis. A Amber, il a proposé d’étudier la nomination d’un administrateur, mais pas avant la prochaine assemblée générale en 2021.

Autre nouvelle : Yves Guillemot quitte son siège au conseil de surveillance. Le patron d’Ubisoft ne pourrait pas se permettre de croiser le fer avec Vincent Bolloré avec lequel il a eu maille à partir dans le passé et avec lequel il a signé un accord. Aline Sylla-Walbaum, qui n’avait pas voté en faveur du renouvellement d’Arnaud Lagardère, cède aussi sa place. Elle sera remplacée par Valérie Bernis. Cette dernière a la particularité d’être une proche de Nicolas Bazire, le bras droit de Bernard Arnault, qui a piloté l’accord conclu avec Arnaud Lagardère. L’empereur du luxe doit sceller son entrée dans le holding personnel du fils de Jean-Luc début septembre, devenant ainsi son partenaire. Du côté de Lagardère, on conteste que cette proximité soit liée à cette nomination. L’idée viendrait plutôt de Guillaume Pepy, administrateur de Lagardère, et de Grégoire Chertok, associé-gérant chez Rothschild et conseiller du groupe. La partie de poker menteur n’est pas terminée.


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