Economie

Pour les organismes de séjours linguistiques, un été catastrophique

La caméra est branchée, le micro activé. Alexandre, 17 ans, prend la parole. « My name si Alexandre, I come from Cherbourg, and I am in… heu… première », énumère le lycéen, installé dans le salon de « Pete and Cath », le couple de Britanniques qui l’accueille pour une semaine d’immersion linguistique. Mais pas question de s’entretenir en français : My Language Immersion, l’organisme qui a monté ce séjour, s’est engagé à ce qu’Alexandre ne prononce pas un mot dans sa langue maternelle.

Il faut dire que la situation est singulière : Alexandre n’est pas au fin fond du Devon ou Gloucestershire, mais à Armaillé (Maine-et-Loire), village rural d’Anjou où Peter and Catherine, quinquagénaires originaires de Manchester, se sont installés il y a trois ans. Initialement, Alexandre devait partir deux semaines en Angleterre, mais son séjour a été annulé en raison de l’épidémie de coronavirus. Alors sa mère a opté pour cette formule proposée par une poignée d’organismes linguistiques, qui a pris son envol en cet été de projets de vacances bouleversés.

Chez Pete and Cath, Alexandre suit des cours le matin – tous deux ont été enseignants dans une vie précédente – déjeune des « fish and chips » et autres « British meals », fait quelques visites, apprend à manier, nous dit-il, des expressions comme « to kill two birds with one stone » (faire d’une pierre deux coups). Alexandre dit avoir gagné en fluidité en anglais. Sa mère est aussi ravie.

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Des pertes d’activité de l’ordre de 80 %

Ces séjours dans des familles anglophones de France, solution en croissance mais encore peu développée, n’ont pas empêché le secteur des séjours linguistiques de souffrir durement des conséquences de la pandémie. « Début mars, presque du jour au lendemain, tout s’est arrêté, observe Gérald Soubeyran, porte-parole de l’Union nationale des organisations de séjours éducatifs et linguistiques (Unosel), et directeur d’Effective Linguistique. On estime que les chiffres d’affaires de nos organismes ont chuté de 70 %, voire 80 % par rapport aux années précédentes ».

Fermetures des frontières, quarantaines, trafic aérien ralenti, écoles de langues fermées : pour de nombreuses destinations, en particulier la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Irlande, et l’Australie, les départs ont été annulés. Les pertes se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d’euros pour la soixantaine d’organismes qui proposent en France des séjours linguistiques, et réalisent les trois quarts de leur activité pendant l’été. En 2019, ils avaient réalisé un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros, en croissance de 4 % par rapport à l’année précédente.

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