Economie

Meulière des Dupont de Ligonnès, chalet des Flactif, château de Fourniret… Des maisons, des crimes, et des déboires immobiliers

L’ancien domicile de la famille Dupont de Ligonnès, en avril 2011 à Nantes.

Maison des Dupont de Ligonnès à Nantes, chalet de la famille Flactif au Grand-Bornand (Haute-Savoie), château de Michel Fourniret dans les Ardennes… Les faits divers sanglants ont souvent une adresse.

Appartement, maison, rue, village conservent, avant que le temps ait mis le traumatisme à distance, le souvenir des drames. Les demeures qui ont été le décor d’un crime peuvent devenir d’encombrants fardeaux dont les propriétaires subissent la célébrité malsaine, quand elles ne sont pas, en plus, otages d’une procédure judiciaire sans fin.

« Les maisons ont une âme, en général belle, que l’on met en valeur en conservant, par exemple, des éléments d’architecture, des ornements du passé, témoins de la vie qu’elles ont abritée », estime Chantal Lenoan, conseillère en immobilier à Nantes, installée à quelques rues de la maison où résidait la famille Dupont de Ligonnès – le père, Xavier, est soupçonné d’avoir froidement assassiné sa femme et ses quatre enfants, début avril 2011, avant de les ensevelir sous la terrasse. « Il est évident que cette adresse a un gros passif. Moi, je ne pourrais pas y vivre… », ajoute-t-elle.

« Devoir de transparence »

La maison nantaise, d’allure classique, en meulière, de 100 m2 sur jardin, dans un quartier sagement bourgeois avec écoles privées et près du centre-ville, a été louée par la famille Dupont de Ligonnès jusqu’au drame. Restée inhabitée durant quatre ans, elle a été cédée une première fois en 2015 par ses propriétaires, au prix de 260 000 euros, bien inférieur au prix du marché, plus proche de 450 000 euros.

Remise en vente début 2019 après une rénovation complète, elle n’a pas tout de suite trouvé preneur, provoquant des désistements en série. « Un jeune couple avec un enfant s’était positionné pour l’acheter mais, ne se voyant pas lui expliquer toute l’histoire, dont forcément il aurait entendu parler à l’école par ses petits copains, ce couple a renoncé », se souvient Nicolas Retiere, conseiller du réseau Safti Immobilier, installé à proximité.

Et d’ajouter, amer : « De notre côté, nous devons dévoiler l’histoire aux clients, envers qui nous avons un devoir de transparence, a fortiori s’ils nous posent la question. Mais, selon moi, les journalistes, en médiatisant indéfiniment les affaires, notamment celle-ci, en se plantant devant la maison pour la photographier, harceler les voisins, sont aussi responsables de la persistance de sa mauvaise réputation. »

Il vous reste 82.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page