Economie

La distribution de la presse fortement perturbée cet été

A Marseille, le 13 mai.

Il y a ceux qui ont vécu comme une épopée la quête des exemplaires du quinzomadaire Society consacrés à l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, et partagé le désespoir des kiosquiers qui n’en recevaient pas assez, ou pas assez vite. Il y a ceux qui n’ont trouvé leurs magazines que plusieurs jours après la date de leur parution. Il y a ceux qui attendent encore de tenir un quotidien entre les mains. Cet été, accéder à la presse imprimée a parfois demandé aux lecteurs une détermination de militant. Si, dans la majorité des cas, la situation n’a rien eu de rédhibitoire, dans d’autres, elle apparaît bloquée. Ainsi, à Marseille, l’on n’a pas vu l’ombre de L’Equipe ou d’Aujourd’hui en France depuis trois mois et demi.

A l’origine de ces difficultés : le redressement judiciaire de Presstalis, l’ex-premier distributeur de la presse en France, prononcé le 15 mai 2020, avec la suppression de 650 postes sur 900. Née sur ses cendres, France Messagerie a récupéré l’acheminement des quotidiens et d’une partie des magazines, quand l’autre acteur du secteur, les Messageries lyonnaises de presse (MLP), a vu son activité augmenter sensiblement sous l’afflux d’anciens clients de Presstalis (Elle, Marianne, Society, Le 1, etc.).

Lire aussi Repris par les quotidiens, Presstalis devient France Messagerie et se restructure

Acculées par la transformation éclair de leur activité, les MLP n’ont pas toujours réussi à fournir les diffuseurs en temps et en heure. « Le bébé est encore trop gros pour elles », observe Michel Brunet, kiosquier et porte-parole du Collectif de défense du réseau de diffuseurs de presse, mentionnant des livraisons « tardives ou incomplètes». Des « couacs » assumés par José Ferreira, le président des MLP, qui estime toutefois à seulement 5 % la dégradation du service rendu par rapport à l’été 2019.

Mouvement de protestation particulièrement intense

« On a été obligés de se substituer aux anciennes SAD locales [les filiales de Presstalis, liquidées le 15 mai, qui assuraient la distribution des journaux en province] sur 35 % du territoire du jour au lendemain, défend-il, rappelant que la période estivale ne va jamais sans perturbations. Mais j’ai la conviction que la situation sera redevenue normale avant la fin de l’année. »

Son optimisme s’étiole à l’évocation des événements dans le Sud-Est. A Lyon et à Marseille, les anciens salariés des SAD ont déclenché un mouvement de protestation très intense. Bloquée en mai et en juin, la distribution des journaux a toutefois repris presque normalement dans la région lyonnaise depuis le 2 juillet. La création d’une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) par une partie du personnel licencié est en bonne voie, et un bail pour de nouveaux locaux (les anciens sont censés être libérés le 15 septembre) devrait être bientôt signé. 

Il vous reste 51.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page