Economie

Eurostar en difficulté avec un trafic quasi inexistant

Arrivée d’un Eurostar venu de Paris gare de Saint-Pancras, à Londres, le 14 août.

Il y a bien quelques rames en circulation mais il faut y chercher les voyageurs… L’Eurostar – le train à grande vitesse qui relie Paris, Bruxelles et Amsterdam à Londres via le tunnel sous la Manche – voit son trafic et sa fréquentation quasiment paralysés depuis le samedi 15 août et la quatorzaine surprise mise en place par les autorités britanniques pour les voyageurs arrivant de France et des Pays-Bas.

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« En ce moment, nous avons réduit le nombre de trains et opérons généralement chaque jour trois allers-retours entre Paris et Londres et deux allers-retours entre Bruxelles/Amsterdam et Londres », détaille Philippe Mouly, directeur de l’exploitation. Des circulations qui représentent moins de 20 % des liaisons habituelles, à comparer à l’époque d’avant l’épidémie quand une vingtaine de rames pouvaient faire l’aller-retour entre France et Angleterre et où une dizaine d’autres reliaient le Benelux à la capitale britannique. « Et en plus il n’y a personne dans les trains », se désole un responsable.

Les Eurostar ont continué à rouler tout cet été avec l’obligation de laisser libre une place sur deux. Un handicap qui est toujours en vigueur

De toutes les liaisons ferroviaires internationales, les lignes du fameux train transmanche sont les plus touchées, a indiqué cette semaine le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, dans un entretien à l’AFP. Et pas seulement depuis l’instauration des mesures de quatorzaine. « Pendant le confinement, de la mi-mars à la mi-mai, le trafic a été presque nul, réduit à un aller-retour par jour, explique une source proche de Voyages SNCF, la branche grande vitesse du groupe public ferroviaire français. Après le déconfinement c’est monté doucement à huit allers-retours entre Paris et Londres. » Mais, contrairement aux autres trains à grande vitesse, les Eurostar ont continué à rouler tout cet été avec l’obligation de laisser libre une place sur deux. Un handicap qui est toujours en vigueur.

Installée à Londres mais détenue à 55 % par la SNCF (les autres actionnaires étant la Caisse de dépôt et placement du Québec, le fonds britannique Hermes Infrastructure et la SNCB belge), la compagnie Eurostar International Limited connaît donc l’une des plus graves crises de son histoire. En l’absence quasi totale de revenus et alors que la société contrôlée majoritairement par des actionnaires non britanniques n’a pu bénéficier des aides du gouvernement de « Sa Majesté », des difficultés de trésorerie sont vite apparues. Elles ont été suffisamment sérieuses pour que les dirigeants aient été contraints de renégocier en urgence une restructuration de la dette avec les banques de l’entreprise cet été.

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