Economie

« En banlieue, les projets de rénovation urbaine menacent des petits commerces, pourtant dynamiques »

Les commerces de proximité du quartier du Mas du Taureau, à Vaulx-en-Velin (Rhône), enregistrent un dynamisme étonnant.

Tribune. Implantation d’hypermarchés et de grandes surfaces spécialisées en périphérie des villes, omniprésence des chaînes de magasins dans les cœurs des agglomérations, et, désormais, montée en puissance des achats par Internet… les petits commerces sont en butte, depuis les années 1970, à une concurrence sans merci. La guerre des prix, fréquemment attribuée à l’essor de la mondialisation, et l’envolée des loyers, principalement depuis ces vingt dernières années, ont contribué à installer ces points de vente indépendants de moins de dix salariés dans un déclin durable.

En outre, depuis quelques mois, la pandémie de Covid-19 intensifie encore leurs difficultés. Selon la Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD), près d’une boutique sur deux présentait, en mai 2020, un taux d’activité en berne par rapport à mai 2019, et malgré un rebond de l’activité cet été, la situation reste fragile.

En banlieue, beaucoup de commerces vétustes

Les petits commerces des banlieues populaires, frappées de plein fouet par la crise, n’échappent pas à la tourmente, qui vient s’ajouter aux difficultés antérieures : vétusté et environnement défavorisé, souvent marqué par la présence de dealers.

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Derrière ce succès : une adaptation fine des commerçants aux attentes de la clientèle de proximité

Si de nombreuses boutiques de détail disparaissent effectivement dans les banlieues, comme ailleurs en France, d’autres, du quartier du Haut-du-Lièvre, à Nancy, à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, en passant par Les Minguettes, à Vénissieux, ou au Mas-du-Taureau, à Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, parviennent à tirer leur épingle du jeu. Derrière ce succès : une adaptation fine des commerçants aux attentes de la clientèle de proximité, une volonté de proposer des produits confectionnés sur place ou bien encore d’importer de nouveaux produits. La recherche scientifique, qui a eu tendance à se concentrer sur l’affaiblissement du petit commerce dans les centres des petites et moyennes villes ou les bourgs ruraux, s’est peu intéressée à ces réussites économiques.

Chiffres d’affaires deux fois supérieurs à la moyenne nationale

Les travaux menés dans le cadre de l’Université de Lyon sur le Mas-du-Taureau sont pourtant assez édifiants. Dans cette ville où le revenu moyen par habitant est l’un des plus bas de France, les 26 commerces de proximité font preuve, depuis près de trente ans, d’une faculté étonnante à surmonter les difficultés, avec des chiffres d’affaires jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne nationale.

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