Economie

Tolix, une entreprise en acier bien trempé

Dans les ateliers, installés depuis 2012 dans une ancienne fonderie d’Autun remise à neuf, l’espace de production a été repensé. 

Il lui aura fallu un mois pour prendre la décision la plus importante de sa carrière. En juillet 2004, Chantal Andriot est licenciée par Tolix à la suite de la faillite de l’entreprise. Un mois plus tard, son plan de relance est accepté par le tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône. L’ancienne directrice du service comptabilité et ressources humaines a été embauchée en 1973 dans cette entreprise bourguignonne de mobilier en tôle fondée à Autun au début du XXsiècle.

Elle refuse de voir fermer le petit poumon économique de la sous-préfecture de la Saône-et-Loire, auquel elle a consacré la majeure partie de sa vie. En proie à un immense sentiment d’injustice, elle se décide à présenter une offre de reprise pour contrer la liquidation judiciaire de l’usine qui fabrique la célèbre Chaise A, fleuron du mobilier industriel français.

La soudure, un talent caché

Etrangère au sérail, vivant depuis toujours dans la cité bourguignonne au riche patrimoine gallo-romain, cette femme d’éleveur de bovins charolais était entrée chez Tolix presque par hasard… « Au moment du rachat, je me suis attaquée à deux chantiers prioritaires, dont le développement du nuancier qui était alors très limité. » Chantal Andriot a conscience qu’en ce début des années 2000 le design explose, la couleur est de plus en plus plébiscitée par les clients. Ça tombe bien, la nouvelle patronne a une inclination pour ce domaine : « J’aime beaucoup peindre mais je suis aussi très patiente, je peux passer des heures sur le choix d’une teinte. »

Chantal Andriot a repris l’usine d’Autun en 2004.

Parmi les autres talents cachés de cette femme discrète − à la voix basse mais déterminée, et portant invariablement le collier de perles et le foulard en soie −, la soudure. « Je l’ai apprise ici, à l’usine, et depuis j’adore ça. » Elle lance une version perforée de la Chaise A, best-seller de Tolix depuis ses origines, et revisite certaines pièces comme le vestiaire, un autre classique de la maison que l’on trouve fréquemment dans les brocantes et que le bureau d’études interne a modernisé. Pour Chantal Andriot, revenir aux sources et à l’esprit d’innovation de la marque est essentiel à sa survie, au XXIsiècle.

Contraction de « Tôlerie Xavier »

L’entreprise familiale que lui ont cédée les petits-enfants du fondateur, Xavier Pauchard (un boulevard porte son nom à Autun), est née au début des années 1920. A l’époque, ce touche-à-tout s’intéresse à l’acier galvanisé, une technologie récemment développée et popularisée aux Etats-Unis. Il multiplie alors les articles ménagers fabriqués dans ce matériau : bassines, lessiveuses, outils, girouettes…

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