Economie

Le président de TikTok démissionne, sur fond de pressions américaines

Kevin Mayer, à Sun Valley, dans l’Idaho, le 12 juillet 2018.

C’est un énième rebondissement dans la saga TikTok qui en laisse présager un autre, d’une ampleur autrement plus grande. Alors que le président des Etats-Unis, Donald Trump, s’est mis en tête de forcer le groupe chinois ByteDance à vendre les activités américaines de son réseau social à une entreprise « made in USA », le patron de TikTok, Kevin Mayer, a annoncé, mercredi 26 août, à ses employés sa décision de quitter l’entreprise. Dans le courrier adressé à ses équipes, il fait valoir qu’au vu du déroulement des événements, il pourrait « très bientôt » ne plus occuper « le rôle pour lequel [il] avait signé » lorsqu’il a rejoint l’entreprise sise à Los Angeles (Californie), en mai 2020.

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Passage éclair, donc, pour l’ancien dirigeant de Disney, qui avait aussi intégré l’équipe de direction de ByteDance. Outre son expérience, M. Mayer avait comme atout d’apporter à l’entreprise chinoise – jusque-là dirigée par le Chinois Alex Zhu – un vernis américain précieux en cette période de tensions exacerbées entre Washington et Pékin.

Cela n’aura pas suffi à dissuader M. Trump de lancer son offensive contre l’application, qu’il accuse de mettre en péril la sécurité des données privées des utilisateurs américains. Début août, le locataire de la Maison Blanche avait menacé de bannir l’application des Etats-Unis, avant de lui fixer, le 14 août, un ultimatum de 90 jours pour finaliser son passage sous pavillon américain.

Baroud d’honneur

Une manière de forcer le démantèlement de cette entreprise à succès, qui compte 800 millions d’utilisateurs dans le monde (dont 100 millions aux Etats-Unis) et concurrence Facebook auprès du jeune public. Premier à se positionner, Microsoft a proposé de racheter les activités de TikTok aux Etats-Unis, au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie – candidature à laquelle s’est rallié jeudi le géant des supermarchés Walmart. D’autres entreprises se sont depuis penchées sur le dossier, telles que Twitter ou Oracle. Des intermédiaires ont également sondé l’intérêt de Netflix.

TikTok rappelle qu’il n’a pas eu l’occasion de faire valoir ses arguments devant l’administration américaine, en violation du cinquième amendement à la Constitution

Dans ce qui s’apparente à un baroud d’honneur, TikTok a déposé plainte, lundi 24 août, devant la justice américaine, pour essayer de bloquer les sanctions qui le visent. Il y fait notamment valoir tous les efforts déployés pour garantir la sécurité des données des utilisateurs américains – évoquant notamment la nomination de dirigeants américains, « dès lors non soumis à la loi chinoise » – et rappelle qu’il n’a pas eu l’occasion de faire valoir ses arguments devant l’administration, en violation du cinquième amendement à la Constitution.

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