Economie

Bouygues Telecom renonce à travailler avec Huawei sur une partie du territoire

Les autorités françaises ont beau clamer qu’elles ne souhaitent pas bannir Huawei du réseau de télécommunications national, force est de constater qu’il devient compliqué pour le géant chinois d’opérer sur le territoire.

En témoigne l’annonce faite jeudi 27 août par Bouygues Telecom, qui, à l’occasion de la présentation de ses résultats financiers, a indiqué qu’il allait démonter d’ici à 2028 l’intégralité des 3 000 antennes de l’équipementier chinois installées dans les zones à forte densité de population.

Lire aussi 5G : les quatre principaux opérateurs français se portent candidats

A quelques semaines du lancement des enchères pour l’attribution des fréquences de la 5G – la nouvelle génération de communication mobile –, la décision de Bouygues Telecom illustre les restrictions que font peser les pouvoirs publics pour recourir aux équipements de l’entreprise hinoise.

Chaque projet de déploiement d’équipement est en effet soumis à une autorisation de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) qui dépend de Matignon. Même si les arbitrages de l’Anssi ne sont pas publics, on comprend, à la lumière des annonces de Bouygues, qu’il n’est pas question de laisser l’opérateur implanter des équipements chinois partout et pour une durée indéterminée.

L’opérateur doit déjà se résoudre à travailler avec un autre équipementier
dans quatre villes abritant des installations jugées stratégique

D’ores et déjà, Bouygues Telecom doit se résoudre à travailler avec un autre équipementier dans quatre villes abritant des installations jugées stratégiques : Brest et sa base de sous-marins nucléaires, Rennes et son centre de cybersécurité, Toulouse, la patrie d’Airbus, et Strasbourg. L’opérateur avait déjà renoncé à Huawei en Ile-de-France.

Par la suite, l’entreprise tricolore devra trouver un remplaçant dans quatre autres villes (qui n’ont pas été nommées) d’ici à 2023 et dans neuf autres d’ici à 2025. Enfin en 2028, les antennes de Huawei n’auront plus le droit de cité dans les villes de l’Hexagone. « L’Etat n’a pas de contre-indication » à ce qu’il continue à équiper les territoires moins peuplés, a toutefois précisé le directeur général délégué de Bouygues Telecom, Olivier Roussat.

Un chiffre d’affaires en hausse

Bouygues Telecom, qui travaille parallèlement avec l’équipementier suédois Ericsson, est le seul opérateur français avec SFR à utiliser les technologies de Huawei.

Sans contester la décision des pouvoirs publics, le groupe français estime qu’il mérite une compensation financière puisque ces restrictions l’obligent à remplacer une partie de ses installations, un coût auquel ne sont pas exposés Orange et Free. A cet égard, il a fait savoir que « des négociations [étaient] en cours avec l’Etat » pour obtenir gain de cause, ainsi que des actions contentieuses. Sans chiffrer précisément le coût que représente pour lui le renouvellement de ces 3 000 antennes, il a estimé que cela représentait un « impact raisonnable et lissé » dans le temps pour ses finances.

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