Economie

Adieu terrains de foot, bonjour espaces de jeux collectifs ! La cour de récré non genrée fait sa rentrée

Robins des Villes – Projet Libre Cour/Ville de Grenoble

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Publié aujourd’hui à 13h00, mis à jour à 15h02

Le sujet a mis du temps à émerger, mais après Trappes, Lyon, Rennes, Bordeaux, Grenoble ou Floirac, il s’impose comme une tendance de la rentrée 2020 dans de nombreuses communes : de plus en plus d’écoles élémentaires et de collèges s’équipent de cours de récréation « non genrées ». À la manœuvre, la géographe bordelaise Édith Maruéjouls, fondatrice du bureau d’études Arobe (Atelier recherche observatoire égalité). Depuis dix ans, la chercheuse accompagne des collectivités dans la mise en œuvre de politiques publiques axées sur l’égalité, comme en cette rentrée à Grenoble, où elle intervient à l’école Clemenceau à la demande de la majorité écologiste d’Éric Piolle. Elle a déjà mené à bien une trentaine de projets de réaménagement de cours d’école.

Les espaces « bulles de détente » de la cour de l’école Clémenceau à Grenoble. Le réaménagement, encore en cours, a été initié par la mairie et l’association Robins des villes.

À chaque fois, elle dissèque, des mois durant, les mœurs des 6-11 ans : « La cour de récréation est une microsociété où les garçons, leurs rapports virilistes, occupent déjà une place centrale, alors que les filles sont reléguées aux coins, à faire des “petits jeux”. Elles sont invisibilisées. Le terrain de foot, qui occupe en général 80 % de l’espace, crée une échelle de valeurs de ce qui est important, à savoir les garçons, et de ce qui ne l’est pas, c’est-à-dire les filles, résume-t-elle. Mais c’est un rapport de force dont sont victimes tous les enfants “non conformes”, qui minore aussi les élèves en surpoids, les plus petits, les handicapés… »

C’est ainsi que, dans les nouvelles cours d’école, les terrains de foot disparaissent généralement au profit de terrains de jeux collectifs, installés dans la largeur de la cour. Autour des activités sportives, certaines écoles ont aussi délimité une « zone tampon » où il est interdit de courir. Résultat : ceux qui tirent trop fort passent un temps fou à aller chercher la balle. « Il faut casser la question de la performance individuelle pour favoriser la mixité, explique Édith Maruéjouls. D’ailleurs, cela fera aussi du bien aux garçons, pour qui la compétition permanente est très dure à vivre. »

Impulser, voire imposer la mixité dans les jeux

La designer sociale Célia Ferrer, qui intervient à ses côtés, préconise aussi aux élus d’équiper les écoles « d’un mobilier modulable, que les enfants peuvent s’approprier. Des blocs de hauteurs différentes qui se déplacent, peuvent être escaladés, permettent de s’asseoir, de s’isoler, de surplomber, de sauter… Des choses très abstraites et simples ». Des espaces végé­talisés, des recoins nichés au calme permettant l’isolement, la détente, la discussion et la lecture sont également prévus.

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