Economie

Une marée d’art envahit Le Havre

« Monsieur Goéland » (2020), de Stephan Balkenhol, œuvre créée pour l’édition 2020 de L’Eté au Havre (Seine-Maritime) et installée place du Vieux-Marché.

C’est le pendant havrais du Voyage à Nantes, et la ressemblance n’est pas fortuite, puisque les deux festivals d’été, qui invitent des artistes contemporains à investir la ville pour mieux la révéler – voire la réveiller –, sont concoctés sous l’égide de la même personne : Jean Blaise. La première édition était une commande exceptionnelle faite en 2017 par le maire de la ville, Edouard Philippe, pour marquer le 500e anniversaire du Havre.

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Entre-temps, des œuvres se sont pérennisées dans l’espace public, le maire est devenu premier ministre, puis redevenu aujourd’hui maire, et le coup d’essai s’est transformé en rendez-vous estival, sans toutefois les mêmes moyens, exceptionnels, qu’en 2017.

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Infiltrer Le Havre, c’est avant tout jouer avec le centre-ville en béton, austère et rationnel, signé de l’architecte Auguste Perret (1874-1954) et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis quinze ans.

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Cette année, le sculpteur allemand Rainer Gross est venu perturber la façade très rectiligne de l’hôtel de ville par un intense flux noir et souple. Il s’agit d’un assemblage monumental de lattes de peuplier, sorte d’arc-en-ciel obscur et mouvant qui semble jaillir du sol pour y replonger quelque 20 mètres plus loin après avoir énergiquement parcouru le bâtiment. L’installation, éphémère, fait écho à l’histoire de la ville, détruite par les bombardements à la fin de la deuxième guerre mondiale, et reconstruite sur ses décombres.

Caravane télescopique

De l’hôtel de ville partent les deux grands axes de la ville : l’imposante avenue Foch, qui mène à la plage, et la rue de Paris, commerçante et à arcades, qui conduit vers le port. C’est dans cette direction qu’un autre sculpteur allemand, Stephan Balkenhol, était intervenu en 2019 en insérant ses personnages en bas-relief à la neutralité énigmatique sur des immeubles d’habitation.

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Il est revenu cette année doter la ville d’une créature mi-homme, mi-animal, qui fusionne deux figures havraises : le goéland (pour la tête) et le marin (pour le corps). Hissé sur un perchoir, l’hybride loup de mer à cabas et casquette scrute l’horizon d’un regard pénétrant. On dirait une sculpture en bois peint, comme l’artiste en réalise habituellement, mais il l’a en réalité modelée en argile avant qu’elle soit coulée en bronze, et peinte, afin de prendre place en extérieur.

C’était la pièce la plus attendue, parce que commandée à un grand nom (Claude Lévêque) dans un lieu iconique (l’église Saint-Joseph, l’un des chefs-d’œuvre de béton de Perret), mais elle se révèle décevante. L’artiste français a investi l’espace central et vertical de la tour-lanterne d’un chapelet circulaire en y installant 3 500 lys blancs, en suspension, qui viennent refléter la lumière des vitraux de Marguerite Huré (1895-1967). L’idée était belle dans son épure et sa délicatesse, mais la réalisation n’est pas vraiment convaincante, avec des fleurs artificielles qui ne se déploient pas sur toute la hauteur.

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