Economie

La pierre-papier a moins séduit au premier semestre

En raison des mesures d’accompagnement des locataires les plus impactés par la crise sanitaire, l’intégralité des dividendes des SCPI prévus n’a pas été distribuée au premier semestre.

Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et les organismes de placement collectif en immobilier (OPCI) grand public ont collecté 5 milliards d’euros au premier semestre 2020. Un volume en ligne avec la moyenne des cinq dernières années, mais qui s’affiche en baisse de 8 % sur un an.

« La collecte et la distribution des fonds ont connu un ralentissement lié à l’impact du Covid-19 et du confinement sur les réseaux de distribution », observe Frédéric Bôl, président de l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim). Toutefois, malgré cette situation peu favorable, SCPI et OPCI « ont enregistré une collecte nette positive au premier comme au second trimestre », se félicite-t-il.

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Les SCPI sont des sociétés qui acquièrent, mettent en location et gèrent des biens immobiliers, souvent d’entreprise, et qui reversent les loyers perçus aux détenteurs de leurs parts. Les OPCI aussi, mais elles investissent de manière plus diversifiée (les actifs immobiliers ne peuvent représenter plus de 90 % de leur patrimoine et jusqu’à 30 % de celui-ci peuvent être investis sur des actifs financiers) et doivent conserver une poche de trésorerie (10 %) vouée à assurer la liquidité du placement.

Une stratégie plus internationale

La collecte sur les six premiers mois de l’année, d’un montant de 3,43 milliards d’euros, enregistre un recul de 20 % par rapport au premier semestre 2019 pour les SCPI « immobilier d’entreprise » (bureaux, commerces, hôtels…) et « fiscales » (Pinel, Malraux…).

Après un premier trimestre en ligne avec la croissance observée en 2019 (+ 23 %), la collecte nette des SCPI au second trimestre a été nettement impactée par la période de confinement imposée jusqu’au 11 mai. Elle s’est élevée à 875 millions d’euros, marquant une baisse de 60 % par rapport au second trimestre 2019. Un chiffre qui montre néanmoins la capacité des réseaux de distribution à dématérialiser les souscriptions, souligne l’Aspim.

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Les SCPI ont continué d’investir au premier semestre 2020 en dépit de la crise sanitaire. Elles ont réalisé pour 3,5 milliards euros d’acquisitions sur les six premiers mois de l’année, contre 3,6 milliards euros au premier semestre 2019. Les bureaux représentent toujours la majorité des acquisitions en valeur (57 %), suivis par les commerces (19 %), la logistique (8 %), l’hôtellerie (6 %) et la santé (4 %, incluant les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les résidences seniors et les centres de santé).

Les acquisitions ont d’abord ciblé l’étranger (43 %), puis l’Ile-de-France (40 %, dont 7 % à Paris) et enfin les régions (17 %).

Au premier semestre 2019, la part des investissements réalisés à l’étranger ne s’élevait qu’à 34 %, ce qui témoigne du poids grandissant de l’international dans la stratégie des SCPI. Après la France, l’Allemagne reste la seconde destination d’investissement avec 16 % des montants investis. Viennent ensuite les pays d’Europe du Nord (7 %), le Benelux (5 %), l’Europe de l’Est (4 %), l’Espagne (4 %) et le Royaume-Uni (3 %).

Erosion de la performance

Les OPCI ont quant à eux collecté 1,6 milliard d’euros au cours du premier semestre 2020, soit une hausse de 32 % par rapport au premier semestre 2019. Après un premier trimestre record (+ 131 % par rapport au premier trimestre 2019), le montant des souscriptions nettes du second trimestre s’est considérablement réduit (- 50 % par rapport au second trimestre 2019), tout en restant positif à 332 millions euros.

Du côté de la performance, elle se situe, pour les SCPI, au niveau global à 5,3 % sur une année glissante au 30 juin, selon l’indice EDHEC-IEIF immobilier d’entreprise France. Elle est constituée d’un rendement courant de 4,2 % (en baisse de 0,2 point sur un trimestre) et d’une revalorisation des parts de 1,2 % (en baisse de 1,1 point sur un trimestre).

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En raison des mesures d’accompagnement des locataires les plus touchés par la crise sanitaire (reports ou annulations de loyer accordés), l’intégralité des dividendes initialement prévus n’a pas été distribuée au premier semestre. En moyenne, les acomptes de dividendes versés sont en baisse de 10 % par rapport au premier semestre 2019.

Pour le second semestre, les gérants se veulent confiants et anticipent un retour à la normale, corrélé à une amélioration des taux de recouvrement.


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