Economie

L’Etat change de stratégie sur la gestion de son patrimoine immobilier

La Direction de l’immobilier de l’État (DIE) gère un énorme patrimoine de 191 000 bâtiments en tous genres – bureaux, locaux d’enseignement, 11 671 logements de fonction… – et 30 500 terrains, le tout évalué à 66 milliards d’euros. Selon son rapport d’activité pour l’année 2019, publié le 28 juillet, la DIE (ex-France Domaine) a beaucoup vendu cette année : pour un total 625 millions d’euros, contre 426 millions d’euros en moyenne au cours des années 2015 à 2018.

Ce résultat est cependant en trompe-l’œil, car il comporte une vente phare, de plus de 450 millions d’euros à elle seule, celle de la deuxième partie de l’îlot Saint-Germain, à Paris, ancien état-major des armées, dont le fruit a servi au financement du « Pentagone à la française », son nouveau siège, près de la place Balard. L’hôtel de Seignelay, dans le 7e arrondissement, et les locaux de l’École normale supérieure, à Cachan (Val-de-Marne), sont deux autres belles ventes de 2019, les biens parisiens représentant, évidemment, l’essentiel des recettes (81 %).

L’État ne veut cependant plus céder de façon définitive tout son immobilier devenu inutile, en particulier ses biens les plus prestigieux. Il entend pouvoir le récupérer un jour ou l’autre, fût-ce à l’issue d’un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans.

Réaménagements

A la DIE, on se souvient en effet de la vente, en 2004, des locaux de l’Imprimerie nationale (15e arrondissement de Paris) au fonds d’investissement américain Carlyle pour 85 millions d’euros, et surtout de son rachat, en juin 2007, pour 376,7 millions d’euros, soit plus de quatre fois plus cher ! Carlyle avait certes réalisé entre-temps pour 100 millions d’euros de travaux mais aussi, au passage, bénéficié d’une exonération d’impôt sur la plus-value de presque 200 millions d’euros ainsi générée.

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« Avant d’envisager de vendre des locaux, on regarde d’abord si un autre ministère ou une administration n’en aurait pas l’utilité, détaille Philippe Bauchot, directeur adjoint de la DIE. Les bâtiments de l’Insee, à Malakoff [Hauts-de-Seine], par exemple, sont en cours de réaménagement pour accueillir 4 000 agents du ministère de la santé et de la solidarité. On regarde, ensuite, si on peut les louer avec des baux à moyen ou long terme et nous nous sommes aperçus qu’à Paris, la pénurie est telle que vendre ou louer par bail emphytéotique rapporte pratiquement les mêmes montants », observe-t-il.

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