Economie

La reprise de l’épidémie inquiète les chefs d’entreprise

Partis en congés après un premier semestre calamiteux marqué par deux mois de confinement et une chute historique de l’activité du pays, les chefs d’entreprise espéraient retrouver un horizon plus dégagé à la rentrée. Mais la reprise de la circulation du Covid-19, qui se traduira, dès le 1er septembre, par l’obligation de porter le masque en entreprise, a douché les élans d’optimisme, même parmi ceux dont l’activité a été relativement préservée. La perspective d’une forte montée du chômage, qui risque de freiner un peu plus l’activité, fragilise encore les perspectives.

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« Contrairement à ce que nous espérions il y a encore quelques semaines, la rentrée va s’opérer dans un environnement marqué par beaucoup d’incertitudes », résume ainsi Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration d’Engie. « Nous avons retrouvé 90 % à 95 % de notre niveau d’activité normal. C’est bien sûr important pour toute l’économie de récupérer le plus rapidement possible ces 5 % à 10 % qui manquent. Il ne faut pas que les incertitudes sanitaires ou les plans d’ajustement dans les secteurs en crise pèsent sur le moral des agents économiques », ajoute-t-il.

« Des réalités très différentes »

De fait, au premier semestre, à la faveur de l’épidémie due au coronavirus, 600 000 emplois ont été détruits dans le secteur privé. Le second semestre sera sans aucun doute pire encore. Le ministère du travail s’attend à voir arriver « plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus à la fin de l’année ». Le total des licenciements envisagés dans le cadre de plans de sauvegarde de l’emploi depuis le début de la crise avoisine les 49 000, soit trois fois plus que sur la même période de 2019, auxquels il convient d’ajouter les « petits » plans de licenciement qui totalisaient 2 700 emplois au jeudi 20 août.

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Le constat dressé par M. Clamadieu est largement partagé par les chefs d’entreprise, qui craignent d’autant plus ces incertitudes qu’ils ont pu garder la tête hors de l’eau jusqu’à présent. « Contrairement à ce qui s’était passé pendant la crise de 2008-2009, on assiste à des réalités très différentes : il y a des secteurs d’activité où la situation est dramatique, et d’autres qui se portent bien, avec également de fortes disparités régionales », explique Christophe Catoir, président France et Europe du Nord d’Adecco.

En première ligne des secteurs durement affectés, on trouve l’aéronautique et le transport aérien, l’automobile, l’hôtellerie-restauration – avec un bilan à nuancer selon les régions du fait de la saison touristique. Viennent ensuite les domaines de la santé et de l’industrie pharmaceutique, le bâtiment et la construction – en forte reprise –, l’e-commerce, l’agroalimentaire… C’est pour ces entreprises-là que l’enjeu sanitaire de la rentrée est le plus important, car il peut faire basculer la reprise amorcée en juin-juillet. « On rattrape étape par étape nos deux mois de retard », explique Frédéric Coirier, coprésident du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) et président du groupe Poujoulat, leader européen de la fumisterie, dont l’activité a repris « assez nettement » durant l’été. « Mais la situation sanitaire se dégradant, on peut imaginer que cela aura des conséquences sur l’écosystème. Beaucoup de nos clients sont des TPE et PME et ne supporteraient pas un deuxième confinement ».

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