Economie

En Allemagne, les patrons affichent un optimisme prudent

En Allemagne, les patrons commencent à voir la lumière au bout du tunnel. Les analyses prudemment optimistes se sont multipliées ces dernières semaines, laissant espérer une reprise en forme de « courbe en V » : un rebond fort et rapide après le plongeon du printemps, où l’économie allemande a chuté de 10,1 %.

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Dans son édition du 27 juillet, l’indice Ifo de l’Institut de recherche économique de Munich, qui sonde chaque mois le moral des patrons, a affiché une troisième embellie depuis le mois de mai. La situation actuelle est jugée meilleure qu’il y a quelques mois, et les chefs d’entreprise tablent sur une amélioration de leurs affaires dans les mois à venir. C’est l’industrie manufacturière qui affiche la plus grosse progression, avec une augmentation de l’indice de 10 points. Cette industrie, qui désigne la production de biens hors énergie et construction, est d’une importance cruciale pour l’économie allemande, tournée vers l’export. Elle a aussi une fonction d’alerte : les commandes de l’étranger renseignent sur la reprise ailleurs dans le monde.

« Sur la bonne voie »

Autre signe encourageant : le taux d’utilisation des capacités de production a progressé – de 70,4 % à 74,9 % –, même s’il reste nettement en deçà de sa moyenne de long terme de 83,5 %. Dans les services, le commerce de détail et la construction, tous les indicateurs sont en progression. « Ce sont les anticipations sur les prochains mois qui sont en hausse, nous partions d’un niveau très faible, précise Clemens Fuest, directeur de l’Ifo. La situation actuelle des entreprises est encore très mauvaise, elles continuent à licencier, nous ne sommes pas sortis de la crise, mais nous sommes sur la bonne voie. Il est essentiel que nous évitions tout nouveau confinement généralisé, cela couperait net la reprise. »

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L’Institut de recherche économique de Berlin (DIW) voit aussi une amélioration prochaine. Son baromètre de conjoncture est remonté à 90 points au mois de juillet, après s’être effondré à 26 points au second trimestre. « Les signes de reprise sont évidents », souligne Claus Michelsen, chef du département conjoncture à l’institut, qui tempère cependant : « Malgré les fortes progressions, nous aurons besoin de deux ans pour compenser totalement la chute historique que nous avons connue au printemps. »

La publication des résultats trimestriels des grands groupes permet aussi d’entretenir l’optimisme : les patrons osent, pour la première fois depuis longtemps, formuler des perspectives prudemment positives. « Le coronavirus nous a gravement touchés surtout en avril et en mai, mais en juin nous avons déjà des données très différentes », a déclaré le patron du groupe chimique et pharmaceutique Merck, Stefan Oschmann, qui table même sur une légère augmentation du résultat opérationnel de son entreprise en 2020.

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