Economie

A Strasbourg, le tourisme fluvial dans l’inquiétude

Des touristes lors d’une promenade en bateau sur la rivière Ill, à Strasbourg, en août 2019.

Avec un chiffre d’affaires (direct et indirect) dépassant 90 millions d’euros, le tourisme fluvial pèse d’un poids certain dans l’économie du Grand-Est. En ces temps de crise sanitaire, ce tourisme vert paraît particulièrement adapté aux nouvelles demandes. Mais le recentrage de l’activité sur une clientèle locale et nationale demeure un défi pour certains opérateurs.

C’est le cas de Batorama, qui gère des bateaux-promenades dans le centre-ville de Strasbourg (785 000 passagers en 2019). Une activité dépendant à 90 % des touristes étrangers. Or, ceux-ci ont déserté. Résultat : le taux de remplissage des vedettes stagne autour de 40 % depuis le début de l’été, et les annulations dépassent désormais les réservations, annonçant une arrière-saison morose. « On est très loin d’une exploitation rentable. L’année va être compliquée », prévoit le directeur adjoint de la société, Reynald Schaich.

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La crise sanitaire a également touché CroisiEurope, alors que 2020 s’annonçait sous les meilleurs auspices pour le champion européen de la croisière fluviale. Ce dernier a dû rapatrier les passagers de ses croisières exotiques et suspendre sa saison sur le Vieux Continent. Pour autant, Lucas Schmitter ne se plaint pas. Le responsable marketing et e-commerce de la société familiale s’estime au contraire chanceux que l’ensemble de ses collaborateurs soient soumis au droit français : la quasi-totalité des navigants a ainsi pu être placée en activité partielle pendant le confinement.

Succès de la location des bateaux de plaisance

Depuis la mi-juillet, l’activité a redémarré de façon progressive, sans restriction de jauge. La moitié de la flotte du croisiériste reste cependant à quai, et ce dernier ne pense pas atteindre, en 2020, plus de 30 % du chiffre d’affaires de 2019. Si les réservations ont repris dès la fin du confinement, elles restent bien inférieures à leur niveau habituel et sont essentiellement le fait d’une clientèle française ou en provenance des pays voisins. A l’inverse, les petites péniches-hôtels, qui touchent une clientèle anglo-saxonne, ne font pas recette.

La crise sanitaire liée au Covid-19 a permis, paradoxalement, au tourisme fluvial de sortir de sa confidentialité

Des vacances en petits groupes, loin du tourisme de masse : c’est sans doute cela qui explique le succès de la location de bateaux de plaisance. Après avoir été suspendue durant deux mois et demi, la saison 2020 des Canalous a ainsi démarré sur les chapeaux de roue et la base de Waltenheim-sur-Zorn, située à 30 kilomètres au nord de Strasbourg, ne désemplit pas. « Le développement du tourisme de proximité compense largement la perte des touristes étrangers », note Ophélie Sambardier, responsable commerciale de cette société de location présente sur quasiment tous les bassins de navigation français.

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